diplomatie

Vladimir Poutine pourrait attaquer un Etat balte pour tester l’OTAN

C’est un scénario envisagé publiquement par le secrétaire général de l’Alliance atlantique. Une déclaration qui intervient alors que le couple franco-allemand est à Moscou pour convaincre le président russe d’accepter un plan de paix en Ukraine

Vladimir Poutine a des ambitions au-delà de l’Ukraine et pourrait attaquer un Etat balte afin de tester la solidarité de l’Occident, a indiqué l’ex-secrétaire général de l’OTAN, Anders Fogh Rasmussen, au journal britannique The Daily Telegraph vendredi. Il a même prononcé le mot de «forte probabilité», selon Simon Kruse, l’auteur de l’interview.

Anders Fogh Rasmussen s’est exprimé au moment où le président français François Hollande et la chancelière allemande Angela Merkel sont attendus à Moscou pour tenter de convaincre le président russe d’accepter le nouveau plan de paix face à l’intensification des combats dans l’est de l’Ukraine.

«Il faut voir au-delà de l’Ukraine. Poutine veut redonner à la Russie sa position de grande puissance. Il y a de fortes probabilités qu’il intervienne en Baltique pour tester l’article 5 de l’OTAN», a souligné l’ancien secrétaire général.

L’article 5 du traité de l’Atlantique-Nord stipule qu’une attaque armée contre l’un des pays membres «sera considérée comme une attaque dirigée contre toutes les parties». Et qu’en conséquence, celles-ci assisteront «la partie ou les parties ainsi attaquées», y compris par la force s’il le faut.

«Poutine sait qu’il sera vaincu s’il franchit la ligne rouge et attaque un allié de l’OTAN. Mais c’est un spécialiste de la guerre hybride», mêlant différents types d’opérations pour déstabiliser un Etat, ajoute M. Rasmussen dans le quotidien britannique.

La poussée de la Russie en Ukraine et l’annexion de la Crimée en mars 2014 suscite des inquiétudes dans les trois pays baltes qui, après avoir passé un demi-siècle sous l’occupation soviétique, craignent les ambitions territoriales de Moscou.

Membres de l’OTAN depuis 2004, l’Estonie, la Lettonie et la Lituanie ont toutes effectué d’importants achats de matériel et augmenté leurs budgets militaires ces derniers mois.

Fin janvier, l’une des voix influentes de la politique étrangère américaine, Zbigniew Brzezinski, a recommandé de pré-positionner des troupes américaines ou européennes dans les pays baltes, pour «dissuader» la Russie de toute visée sur ces pays.

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