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Sur Twitter, tous derrière le guide suprême Ali Khamenei, même l’ayatollah Khomeiny

Les Iraniens sont-ils vraiment prêts à un accord nucléaire avec les Etats-Unis? Petit détour sur le compte Twitter des trois dirigeants qui détiennent les clefs d’une solution à Téhéran

Sur Twitter, tous derrière le guide suprême iranien, même Khomeiny

Le guide, le président et le ministre iraniens se répartissent les rôles

Que veulent les Iraniens? Sont-ils vraiment prêts à un accord avec le «grand satan» américain et à quel prix? Alors que les négociateurs des deux bords sont enfermés dans un palace de Montreux, les analystes et les journalistes tuent le temps en conjectures.

Une chose paraît certaine: c’est le guide suprême iranien, Ali Khamenei, qui a la haute main sur le dossier nucléaire et aura le dernier mot. Un tour sur son compte Twitter (@khamenei_ir) est fascinant. Le gardien du régime fait un usage intensif des nouvelles technologies.

Après les attentats de Charlie Hebdo, il s’était fendu d’une lettre à la jeunesse occidentale via Twitter pour dénoncer les procès faits à l’islam. Jusqu’à récemment, il ne suivait personne. Normal, c’est le guide, lui devant et tous derrière. Mais révolution sur la twittosphère iranienne: Ali Khamenei s’est soudain mis à suivre une personne. Le président américain Barack Obama? Le pape François? Non, rassurez-vous, Ali Khamenei n’est guidé que par l’ayatollah Khomeiny. Le père de la révolution islamique a beau être mort en 1989, alors qu’internet venait d’être inventé, il possède quand même un compte Twitter (@IRKhomeini). Et devinez qui il suit? Le guide, bien entendu!

«Hégémonie sioniste»

L’Iran n’a jamais été aussi proche d’une normalisation avec les Etats-Unis. Les deux pays ont rompu leurs relations après l’assaut contre l’ambassade américaine à Téhéran en 1979. Mais on ne peut pas dire que cela se reflète dans les tweets de Khamenei. Le guide fait feu de tout bois contre l’Amérique. Pour dénoncer, par exemple, la mort d’un sans-abri sous les balles de la police mardi à Los Angeles. Mais surtout contre «l’hégémonie sioniste» sur la politique américaine.

Pendant que le guide vitupère depuis Téhéran, son ministre des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif (@JZarif) se montre d’une grande discrétion. Zarif, tout en rondeur et anglais impeccable, c’est le visage souriant du régime des mollahs. Depuis que les négociations sur le nucléaire sont entrées dans leur dernière ligne droite, plus un seul tweet. Le dernier, c’était pour souhaiter un joyeux noël et une année 2015 plus paisible.

Quant au président Hassan Rohani, élu à la surprise générale pour desserrer l’étreinte des sanctions occidentales, il tente de donner l’image d’un homme responsable. Point d’envolée anti-américaine et anti-israélienne. Le président fait état de ses réunions. Il gouverne. Même prudence dans ses choix sur Twitter. Il suit le guide, comment faire autrement?, mais aussi l’ancien président réformateur Mohammad Khatami. Le ministre Zarif, lui, s’est permis de suivre des journalistes américains.

Plusieurs d’entre eux ont d’ailleurs fait le déplacement de Montreux dans les bagages de John Kerry. Chacune des délégations est venue avec plusieurs médias, auxquels elles livrent quelques informations au compte-gouttes. Si le sérieux des négociations se mesure au mutisme des acteurs, alors les discussions de Montreux sont très sérieuses.

Montreux, centre du monde

L’envoyée spéciale de CBS, Margaret Brennan (@margbrennan), ne s’y trompait pas. Les caméras sont tournées vers le Capitole, à Washington et le discours du premier ministre Benyamin Netanyahou mettant en garde contre tout accord avec l’Iran. Mais le vrai événement aujourd’hui (nldr: mardi), c’est la nouvelle rencontre entre Kerry et Zarif, tweetait-elle. Une façon de se convaincre qu’elle était à l’endroit où il fallait.

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