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L’ONU critique Kiev, Moscou et les rebelles pro-russes

Un rapport du Haut-Commissariat aux droits de l’homme fait le bilan provisoire d’une guerre qui a provoqué la mort de 8000 personnes

Les Nations unies critiquent Kiev, Moscou et les rebelles pro-russes

Ukraine Le conflit a déjà fait près de 8000 morts et 18 000 blessés

Près de 8000 morts et 18 000 blessés: c’est le bilan des affrontements dans l’est de l’Ukraine depuis le début du conflit qui oppose les forces gouvernementales de Kiev aux rebelles pro-russes des Républiques autoproclamées de Lougansk et Donetsk. Dans son dernier rapport trimestriel sur cette guerre, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme ne se contente pas de faire le décompte des victimes, il pointe aussi du doigt les responsables du drame. On en trouve dans chaque camp.

La torture dans chaque camp

Durant la période étudiée (16 mai au 15 août), le nombre de victimes civiles a presque doublé par rapport au trimestre précédent. La majorité d’entre elles se trouvait dans les territoires contrôlés par les rebelles, souligne l’ONU, tout en précisant que les violations des accords de cessez-le-feu sont le fait des deux camps.

Kiev est accusé de détentions arbitraires et secrètes en violation des droits des détenus, qui «souvent sont torturés et mal traités», note le rapport. Les autorités ukrainiennes, en imposant un blocus sur les territoires rebelles, mettent par ailleurs les populations civiles en danger, qui se retrouvent prises entre deux feux ou forcées de traverser des champs minés. Les interdits gouvernementaux sur les transports de cargo limitent enfin la livraison de nourriture et de médicaments dans les zones de conflit.

Les autorités rebelles, rappelle l’ONU, ne respectent pas pour leur part les lois internationales ni la législation ukrainienne. L’assistance humanitaire dans ces territoires a été «considérablement réduite» du fait de l’intervention des responsables locaux. Le rapport documente les meurtres, les enlèvements, la torture, les mauvais traitements, les violences sexuelles, le travail forcé et les demandes de rançons dans ces territoires où «3 millions de personnes vivent sans protection contre les violations des droits de l’homme perpétrées par les groupes armés et leurs soutiens».

Ces soutiens sont notamment ceux apportés par la Russie. L’ONU s’inquiète du flux continu de combattants étrangers ainsi que «d’armes sophistiquées et de munitions venues de Russie». De même, le rapport s’interroge sur la poursuite de convois de camions blancs déversés par Moscou vers les territoires rebelles sans que le contenu puisse en être vérifié par l’Ukraine.

Dérive aussi en Crimée

L’ONU dénonce enfin les violations des droits de l’homme commises par les autorités de facto de la «République autonome de Crimée» et dont les principales victimes sont la communauté tatare et les militants de Maïdan. «Je suis particulièrement inquiet de la récente condamnation à 20 ans de prison du réalisateur ukrainien Oleg Sentsov par une cour militaire de la Fédération de Russie, déclare Zeid Ra’ad al-Hussein, le haut-commissaire aux Droits de l’homme. Son procès était entaché d’irrégularités.»

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