Festivités

Le monde clôt 2015 sous haute sécurité

Tandis que Sydney ouvre les feux, Bruxelles prend la mesure la plus drastique, l’annulation des fêtes officielles. Paris augmente le nombre d'agents mobilisés, de même que New York

La fête et l’inquiétude à la fois. Le monde s’apprête à clore une année 2015 particulièrement sombre, encadré par des policiers et des militaires. Au long de ces dernières heures, les nouvelles se sont accumulées, faisant état de mesures de sécurité exceptionnelles, inédites, renforcées, etc. Bruxelles s’illustre par la décision la plus radicale.

■ A Paris, 2000 agents de plus

Même sous le choc des attentats du 13 novembre, la capitale française maintient le traditionnel rendez-vous des Champs Elysées – alors que par exemple, au début du mois, Lyon avait renoncé à sa Fête des lumières, autre moment fort en termes de foule concentrée. Les autorités de Paris et l’État veulent néanmoins marquer l’état d’urgence, toujours en vigueur. Pour la seule avenue des Champs-Elysées, 1600 policiers seront déployés. Au total, 11 000 membres des forces de l’ordre, soldats et pompiers, seront sur le qui-vive, 2000 de plus qu’il y a une année.

■ A Bruxelles, pas de feux d’artifice

Démontage des installations de fête à Bruxelles, 31 décembre 2015. FRANCOIS LENOIR

Le couperet est tombé avec une annonce du bourgmestre Yvan Mayeur mercredi soir: la capitale belge renonce à ses festivités publiques. Pas de défilé, pas de rassemblement sur le boulevard Anspach, et surtout, pas de feu d’artifice. Mardi, deux personnes ont été arrêtées pour soupçon de préparation d’attentat. Jeudi en début d’après-midi, six autres suspects ont été interpellés. Selon une source proche du dossier interrogée mercredi et citée par l’AFP, les enquêteurs ont dans le viseur un groupe de motards, les «Kamikaze Riders». Les perquisitions de jeudi ont eu lieu à Molenbeek et Laeken, deux communes de Bruxelles, ainsi qu’à Anderlecht et Leuuw-Saint-Pierre, au sud-ouest de la capitale.

■ A Moscou, la Place Rouge est fermée

Une certaine confusion règne quant au motif de fermeture de la Place Rouge à Moscou. Les autorités invoquent une menace terroriste, tout en affirmant que la décision est aussi due à la tenue du concert de Nouvel An. Quoi qu’il en soit, le cadre sécuritaire a été sensiblement serré ces derniers temps dans la capitale russe. Entre autres mesures, des détecteurs de métaux ont été installés à l’entrée des grands magasins.

■ A Madrid, la capacité de la Puerta del Sol presque divisée par deux

Sur la Puerta del Sol, 31 décembre 2015. PIERRE-PHILIPPE MARCOU

A Madrid, la mairie parle d’un dispositif sécuritaire «sans précédent». Le lieu de rassemblement emblématique, la Puerta del Sol, où la tradition veut que l’on mange douze raisins au fil des coups de minuit, sera limitée ce soir à 25 000 fêtards, contre plus de 40 000 d’habitude. La mairie a calculé que cela représente une densité de 2,6 personnes par mètre carré. Cependant, les autorités n’évoquent pas de menace particulière.

■ A Vienne, les transports publics sous surveillance

A Vienne, la police va reconduire le dispositif mis en place à Noël: elle augmente ses agents mobilisés, en surveillant particulièrement les places et les transports publics.

■ A New York, patrouilles accrues à Times Square

Bill de Blasio, le maire de New York, a assuré que les mesures planifiées pour ce soir sont «plus importantes que jamais». Il y a quelques jours, il a même affirmé que «nous sommes la ville la mieux préparée du pays, la mieux préparée pour prévenir le terrorisme et pour faire face à n’importe quel événement». 6000 agents patrouilleront autour et sur Times Square, où près d’un million de personnes se rassemblent. C’est 500 agents de plus que l’année passée.

■ A Gaza, pas de fêtes dans les lieux publics

Dans la bande de Gaza, le Hamas a interdit les fêtes du Nouvel An dans les lieux publics. Plus que la sécurité, le groupe invoque une «offense aux valeurs et traditions religieuses».

■… et pendant ce temps, Sydney fait la nique à la peur

A Sydney, 31 décembre 2015. PETER PARKS

Le passage à la nouvelle année a commencé à Sydney, où un premier feu d’artifice a été à 21h locales, soit la fin de matinée en Suisse. Très exposé mondialement en raison de la primauté due au décalage horaire, le spectacle de l’Opéra et du Harbour Bridge de Sydney a non seulement été maintenu, mais un peu étoffé. La Ville dépense 7 millions de dollars australiens, 5 millions de francs, pour son feu.

Avant d’achever le chapitre 2015, retrouvez nos chronologies:

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