Un an après

Guerre, retour, propagande

Le gouvernement français gère les retours et cherche à stopper les départs

Comment traiter les combattants français partis rejoindre l’Etat islamique? Depuis quatre ans, un document est brandi par les avocats de ces derniers. Il s’agit du mémoire en cassation contre la décision de la Cour d’appel de Paris du 2 décembre 2011 de ne pas traiter ces djihadistes comme «étant en situation de guerre ou en conflit armé». Pas question donc, de leur appliquer les conventions de Genève. Ce que contestait alors l’avocat d’un des français concernés, Maître Arié Alimi. «Si les faits reprochés à mon client sont avérés expliquait-il, ils auraient consisté à lutter contre des forces armées présentes dans un Etat en conflit». Une argumentation relancée par les déclarations du président François Hollande sur «les actes de guerre» dont le pays a été victime.

La réalité est que plusieurs combats parallèles se déroulent aujourd’hui, dans une France assommée par le terrorisme. Le premier est juridique. Sur les 254 djihadistes présumés de retour en France, moins d’une centaine seraient incarcérés, et certains, comme les trois de la filière d’Artigat expulsés par la Turquie en septembre 2014, se sont rendus de leur plein gré à la police (qui avait raté leur arrivée à l’aéroport de Marseille). Les cas de réintégration sociale «normale», souvent de la part de jeunes traumatisés par les scènes de violence vécues en Syrie ou en Irak, ne sont pas rares. «Certains veulent tourner la page. dans le bon sens» expliquait la sociologue Dounia Bouzar devant les députés, en 2014.

La seconde bataille est celle de la propagande. Elle implique, coté gouvernementale, le site www.stop-djihadisme.gouv.fr, un compte twitter et une page Facebook dédiés. «Nous devons occuper les canaux du web pour contrer la situation quasi monopolistique des émetteurs terroristes et, surtout, pour démonter les mécanismes d’embrigadements à l’origine de centaines de départs de jeunes – voire de très jeunes – femmes et hommes» explique Christian Gravel, coordinateur de la campagne. En espérant inciter les repentis à apporter leurs témoignages.

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