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A son tour, le Danemark rétablit des contrôles aux frontières

Les autorités danoises vont procéder à des pointages aléatoires. Auparavant, se disant pris de court par l’afflux de migrants, Stockholm a annoncé l’introduction de contrôles d’identité systématiques sur le pont de l’Öresund

«Le fait que d’autres pays nordiques ferment leurs frontières peut avoir de grandes conséquences pour le Danemark. La situation peut provoquer plus de demandes d’asile», a déclaré lors d’une conférence de presse à Copenhague le premier ministre danois, Lars Løkke Rasmussen. Les contrôles danois ne seront cependant pas systématiques, mais aléatoires. Ils sont instaurés pour une période de dix jours, qui pourra être prolongée.

«Nous réagissons simplement à une décision prise en Suède. Nous instaurons des contrôles provisoires mais d’une manière équilibrée. Ce n’est pas un moment heureux du tout», a déploré Lars Løkke Rasmussen.

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La Suède a fait le premier pas

Peu avant ce lundi matin, la Suède a annoncé qu’elle exige désormais une pièce d’identité pour franchir en train ou en autocar le pont de l’Öresund, principale porte d’entrée des réfugiés dans le royaume.

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Immigration

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Placés sous la responsabilité des transporteurs qui encourent de fortes amendes s’ils s’y dérobent, les contrôles systématiques sont en vigueur depuis minuit dans la gare danoise de Kastrup, dans l’aéroport de Copenhague, d’où partent les trains traversant le pont de l’Öresund vers la Suède. Une trentaine de points de passage ont été installés.

Tous les voyageurs désirant se rendre en Suède en train ou en autocar doivent présenter une pièce d’identité (passeport, carte nationale d’identité, permis de conduire, etc.). Cette mesure concerne également les ferries empruntant le détroit de l’Öresund.

«Je crois que ces contrôles d’identité seront efficaces. Un plus grand nombre de migrants devront demander l’asile dans d’autres pays», assurait le ministre de l’Immigration, Morgan Johansson, lors de l’annonce de ces contrôles le 17 décembre.

La Suède avait déjà rétabli le 12 novembre les contrôles à ses frontières, concentrés sur le pont de l’Öresund et les ferries en provenance des ports danois et allemands de la mer Baltique. Mais ils n’étaient réalisés qu’en certains points du trajet et de façon aléatoire.

Les migrants tentant d’embarquer sans papiers d’identité sont automatiquement refoulés, de même que ceux en transit vers la Norvège ou la Finlande et qui refusent de déposer une demande d’asile sur place.

Ces dispositions, conjuguées à un prochain resserrement des conditions de séjour, ont eu un effet immédiat, le nombre de nouvelles arrivées ayant fortement diminué à partir de mi-novembre.

Contrôle d'identité sur un train entre Copenhague et la Suède à Malmö. (Archives) STIG-AKE JONSSON

«Mur de Berlin»

La Suède, qui compte plus de 20% de résidents d’origine étrangère, avait jusqu’ici ouvert grand sa porte aux réfugiés. Le royaume scandinave, qui compte 9,8 millions d’habitants, en a reçu plus de 160 000 cette année et en attend 170 000 l’an prochain.

Mais l’Office des migrations, qui loge désormais un habitant sur 100 dans le pays, s’est retrouvé dépassé et a demandé au gouvernement d’intervenir.

Les contrôles d’identité systématiques devraient avoir une forte incidence sur les communications entre la Suède et le Danemark, en particulier sur les 8600 personnes qui font la navette quotidiennement entre Copenhague et la troisième ville suédoise, Malmö.

Les trains seront moins nombreux et des retards de 10 à 50 minutes sont prévus par rapport aux horaires habituels.

Une clôture de deux mètres de haut et plusieurs centaines de mètres de long a par ailleurs été érigée en gare de Kastrup pour empêcher les migrants refoulés de se précipiter vers les trains en partance pour la Suède.

«C’est comme si on construisait un mur de Berlin», s’est indigné Michael Randropp, porte-parole d’une association d’usagers du pont de l’Öresund, cité dimanche par le quotidien suédois Dagens Nyheter.

La mesure déplaît aussi fortement au Danemark, qui n’a reçu cette année que 18 000 demandes d’asile et craint que les migrants refoulés par la Suède ne restent sur son sol.

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