Nucléaire

En finir avec le dernier Etat paria

Entre relations diplomatiques avec Cuba ou attentes quant à l’accord sur le nucléaire iranien, Obama a tenu ses promesses. Il n’en reste pas moins que les négociations avec la Corée du Nord restent difficiles

C’était en 2008, mais qui s’en souvient. En arrivant au pouvoir, Barack Obama promettait de remettre à plat la politique étrangère américaine après les aventures calamiteuses de son prédécesseur. Hormis le retrait des bourbiers irakien et afghan, il s’était engagé à tendre la main à trois Etats en particulier, tous visés par des sanctions américaines et considérés comme paria: l’Iran, Cuba et la Corée du Nord. Fini les inepties de l'«Axe du mal».

Ces engagements ont été en grande partie tenus, à une exception. Après plus d’un demi-siècle de glaciation, les relations diplomatiques sont en voie d’être rétablies avec La Havane. On n’en est pas encore là avec Téhéran, mais l’accord sur le nucléaire iranien a déjà bousculé le Proche-orient. Reste Pyongyang, que tout le monde semblait avoir oublié – comme c’est si souvent le cas. Sauf quand le leader du dernier Etat totalitaire de la planète procède au chantage nucléaire.

C’est ce qu’a une nouvelle fois soigneusement mis en scène Kim Jong-Un pour se rappeler au bon souvenir de la communauté internationale. A un rythme de métronome, la Corée du Nord procède à des essais (2006, 2009, 2013, 2016), le fils de Kim Jong-il – décédé en 2012- ayant vite appris la leçon de la survie pour un tel régime: créer de la tension. Pour unifier le peuple derrière son leader, pour forcer ses ennemis à négocier des aides, pour vanter son savoir-faire militaire, source de devises.

Non, Kim Jong-Un, l’ancien élève bernois, n’est pas fou. Un peu paranoïaque sans doute. Mais l’Histoire lui donne quelques raisons de l’être. Comme avec l’Iran et Cuba, c’est aux Etats-Unis d’initier une politique de la détente. Sur ce point, Obama s’est renié, prisonnier de mauvais calculs. Cette négociation-là, il est vrai sera sans doute la plus complexe. S’il a dû ferrailler avec les Républicains pour renouer avec Cuba, se froisser avec le monde sunnite pour négocier avec l’Iran, Obama – ou plutôt son successeur – devra s’entendre avec la Chine, l’unique allié de Pyongyang et principal rival des Etats-Unis, pour dénucléariser la péninsule coréenne.

Mais si Washington a pu s’entendre avec les mollahs sur des questions d’uranium enrichis, pourquoi ne pourrait-il en faire autant avec un leader de 33 ans? Pourquoi ne pas négocier la paix, 63 ans après l’armistice qui mit fin à la guerre de Corée?

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