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L'attaque d'un commissariat à Paris relance la hantise de nouveaux attentats en France

Un an jour pour jour après l'attentat contre Charlie Hebdo, un homme a été abattu à Paris, peu avant midi, alors qu'il attaquait un commissariat dans le quartier de la Goutte d'Or. Un attentat terroriste: sur une feuille retrouvée sur lui figurait le drapeau de l'Etat islamique

Il brandissait un hachoir, portait une ceinture d'explosifs factice et aurait invoqué Allah avant de passer à l'acte. L'homme qui a tenté, jeudi matin à Paris, d'attaquer un peu avant midi le commissariat du quartier sensible de la Goutte d'Or, au nord de la capitale française, a été abattu par la police un an jour pour jour - et presque à la même heure - après l'attentat contre «Charlie Hebdo». Bouclées par les forces de sécurité, placées en alerte maximale, les rues adjacentes offraient à la mi-journée le spectacle d'un périmètre complètement paralysé, les riverains étant empêchés de sortir ou de rentrer chez eux. Les lignes de métro voisines ont été temporairement interrompues. Un robot et plusieurs véhicules de déminage étaient visibles à l'heure d'écrire ces lignes.

«Une revendication manuscrite non équivoque»

Il s'agissait bien d'une attaque terroriste: «ont été découverts sur lui un téléphone portable et un papier sur lequel figurent le drapeau de Daesh et une revendication manuscrite non équivoque en langue arabe» indique cet après-midi le procureur de la république dans un communiqué. L’enquête en flagrance se poursuit désormais, du chef de tentative d’assassinat sur personnes dépositaires de l’autorité publique en relation avec une entreprise terroriste.

Symbole supplémentaire: cette attaque dont l'auteur n'a pas encore été identifié est intervenue au moment où le président François Hollande terminait son discours de voeux aux forces de l'ordre à la préfecture de Police de Paris; il venait d'énoncer une extension des règles de légitime défense. Le premier ministre Manuel Valls, qui avait garanti la veille que la déchéance de nationalité pour les terroristes proposés par le gouvernement ne «créera pas d'apatrides», venait d'annoncer l'inauguration vendredi d'un nouveau commissariat dans la ville d'Evry dont il le maire, en région parisienne. 

La crainte de nouveaux attentats ravivée

Cette attaque, semble-t-il isolée, a aussitôt entrainé un branle-bas de combat généralisé des forces de sécurité. Lesquelles avouaient ces derniers jours redouter ce type d'actes terroristes, par des émules des frères Saïd et Chérif Kouachi qui, le 7 janvier 2015, avaient mitraillé le comité de rédaction de l'hebdomadaire satirique «Charlie Hebdo» situé rue Nicolas Appert.

Elle ravive évidemment les craintes de nouveaux attentats, en pleine commémoration et alors qu'une journée de manifestation est prévue ce week-end, un an après la grande marche républicaine du 11 janvier à Paris, à laquelle avait participé la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga.

Outre les tueries du 13 novembre contre le Bataclan et plusieurs terrasses de café, plusieurs tentatives d'attaques ont été déjouées ces derniers mois, dont l'une près d'Orléans, déjà dirigée contre les forces de sécurité. Celles-ci, énormément sollicitées par les mesures d'exception prises dans le cadre de l'état d'urgence décrété le 13 novembre, ont souvent fait part de leur épuisement. Une autre attaque a eu lieu le 1er janvier à Valence (Drôme) lorsqu'un individu a tenté de précipiter sa voiture sur des militaires en faction près d'une mosquée. L'auteur de cet acte, appréhendé, n'a pas été mis en examen pour acte terroriste. 

Bilan controversé de l'état d'urgence

Dans ses voeux aux forces de l'ordre, François Hollande a défendu le bilan controversé de l'état d'urgence, en vigueur jusqu'au 26 février et pour lequel le gouvernement a déposé un projet de réforme de la Constitution. 115 000 policiers et gendarmes, plus 10 000 soldats sont actuellement mobilisés à travers le pays pour sécuriser les lieux publics et les lieux sensibles. Le président français a confirmé que 25 infractions liées à des faits de terrorisme ont été constatées et que 250 interdictions de sortie du territoire ont été émises, pour empêcher le départ de nouveaux djihadistes français vers la Syrie ou l'Irak, pour y rejoindre les rangs de l'Etat islamique. 

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