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La course aux contrats avec l'Iran a commencé en Italie

Sitôt les sanctions levées, le président iranien se rend cette semaine en Europe. Avant Paris demain, Hassan Rohani est à Rome aujourd'hui où il a déjà signé une série d'importants contrats, avant de rencontrer le pape François

La visite du président iranien Hassan Rohani en Italie illustre le retour sur la scène économique internationale de son pays, avec une série d'importants contrats signés avec des entreprises italiennes tenant à profiter de la levée des sanctions.

Ce mardi, Hassan Rohani participera à un forum économique Italie/Iran avant de rejoindre le Vatican pour rencontrer le pape François. 

Lundi, il a été reçu pour un déjeuner de travail par son homologue italien, Sergio Mattarella, et a rencontré le chef du gouvernement Matteo Renzi, avec lequel il a assisté à la signature de nombreux accords économiques dans le cadre prestigieux du Capitole, où ils devaient ensuite dîner.

Selon une source proche des milieux d'affaires, le montant total des contrats devait atteindre jusqu'à 17 milliards d'euros, grâce à la levée des sanctions, le 16 janvier, avec l'entrée en vigueur de l'accord historique sur le nucléaire iranien.

«Cet accord marque un changement de saison extraordinaire», a déclaré M. Renzi à la presse, tout en souhaitant qu'il ne soit que «le premier pas vers une nouvelle saison de paix et de prospérité pour l'Iran comme pour toute la région».

Lire: Levée des sanctions contre l'Iran: cinq secteurs qui vont être bouleversés

«Si nous avons trouvé un accord sur le nucléaire, nous pouvons et nous devons trouver un accord sur la Syrie, en vue d'une solution pacifique qui permettre une transition politique vers la démocratie», a-t-il ajouté.

L'Italie, ex meilleur partenaire commercial de Téhéran

Quant aux nouveaux contrats, «c'est seulement le début», a insisté le chef du gouvernement italien, soulignant aussi les perspectives d'échanges culturels et universitaires entre l'Iran et l'Italie, «deux superpuissances de la beauté et de la culture».

«Le marché iranien s'offre aux investisseurs italiens et européens pour leur permettre de s'implanter ensuite dans toute la région», a pour sa part noté M. Rohani, selon la traduction en italien de ses propos en farsi.

Parmi les entreprises concernées : la société d'exploration et d'ingénierie pétrolière Saipem, le groupe Danieli, spécialiste de la construction d'usines sidérurgiques, la société de construction navale Fincantieri ou encore la compagnie publique des chemins de fer.

Avant la mise en place des sanctions, l'Italie était le premier partenaire économique et commercial de l'Iran avec des échanges de sept milliards d'euros par an. Ils sont tombés depuis à 1,6 milliard.

Les Européens avantagés 

Tous les Européens cherchent à placer leurs pions pour tenter de reconquérir le terrain perdu au profit de la Russie et d'autres pays comme la Chine et la Turquie.

Dans leur course aux contrats, ils sont avantagés par rapport aux Américains, qui restent handicapés par des sanctions dans le secteur pétrolier contre toute entreprise soupçonnée de financer le terrorisme.

Dans la course aux contrats, l'avionneur européen Airbus a été le plus rapide : l'Iran va lui acheter 114 appareils. M. Rohani doit signer cet accord mercredi en France. 

Ce déplacement devrait également être l'occasion d'avancer sur d'«importants contrats», selon l'expression du président iranien, avec les constructeurs automobiles Peugeot et Renault. 

Un marché considérable et solvable

Même de petites entreprises sont sur les rangs. Car, après des années d'isolement, l'Iran, fort de ses 79 millions d'habitants, offre des perspectives considérables : modernisation des infrastructures, exploitation du gaz et du pétrole, automobile et aéronautique, etc.

Pour accompagner cette reprise des échanges, la compagnie Alitalia a annoncé lundi que ses vols entre Rome et Téhéran deviendraient quotidiens à partir de fin mars.

Ce nouveau climat inquiète cependant les opposants à la peine de mort, un sujet sur lequel l'Italie est d'ordinaire en pointe. Une manifestation est prévue mardi afin de rappeler que l'Iran a exécuté, selon l'ONU, au moins 700 condamnés en 2015.

Le sujet pourrait être aussi abordé au Vatican, même si le Saint-Siège se félicite du ton plus modéré de la République islamique depuis l'élection de M. Rohani. 

Le pape François devrait évoquer avec lui le rôle que l'Iran peut jouer pour stabiliser la situation au Moyen-Orient : il devrait à cet égard tenter de le dissuader de faire monter les tensions avec Ryad et l'inciter à faire pression sur le camp du président Bachar al-Assad en Syrie. 

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