France

Nicolas Hulot ne sera pas super-ministre français de l'écologie

L’ancienne vedette de la télévision ne sera pas le nouveau ministre de l'Ecologie de François Hollande. Après avoir hésité, il a préféré décliner, et rester ainsi à l'écart du jeu politique. Pour l'instant

Il a, cette fois, bien failli y aller. A l'aise dans ses rapports avec François Hollande, dont il a été jusqu'en janvier conseiller spécial pour la protection de la planète, Nicolas Hulot n'était pas d'emblée hostile à rejoindre le gouvernement lors du prochain remaniement attendu fin février, comme le Président Français le lui a proposé. Problème: l'ancien animateur, qui sait sa popularité précieuse pour influer sur les sujets écologiques, n'a pas confiance dans la machine étatique qu'il a côtoyé ces derniers mois pour préparer la grande conférence climatique COP 21 de Paris. «Il ne se voyait pas batailler en permanence avec les élus locaux, plus demandeurs de subventions que de nouvelles régulations juge un de ses anciens collaborateurs. Il a aussi compris que le dossier du nucléaire, en France, reste pour l'heure intouchable.»

C'est donc par un tweet rapide que l’intéressé a, mercredi après-midi, annoncé qu'il n'entrera pas au gouvernement, tout en remerciant François Hollande pour sa confiance. Le ministère de l'écologie et des transports lui aurait été proposé la veille par le chef de l'Etat, désireux de renouer les liens avec la société civile que son impopularité, et la situation sécuritaire, ont mis à mal.


François Hollande, inquiet de voir sa fin de quinquennat empoisonnée par des dossiers comme celui de l'aéroport Notre Dame des Landes, a été dit-on très impressionné par la crédibilité de l'ancien présentateur d'Ushuaia auprès des organisations non gouvernementales qu'il avait su apprivoiser avant, et durant la COP 21. Si Nicolas Hulot avait accepté le poste de ministre de l'Ecologie, sa titulaire actuelle Ségolène Royale – ancienne compagne du président et mère de leurs enfants – aurait pu atterrir au ministère des Affaires étrangères dont l'actuel titulaire, Laurent Fabius, est donné partant pour le Conseil Constitutionnel.

Le fossé entre mode politique et personnalités

La décision de Nicolas Hulot est, bien qu'il s'en défende, révélatrice du fossé qui sépare aujourd'hui en France la classe politique traditionnelle des personnalités issues du monde de l'entreprise ou des milieux associatifs. Ces derniers se font courtiser, mais peu sont prêts à franchir le pas.

A la tête d'une fondation qui porte son nom, ancien candidat aux primaires écologistes pour les présidentielles de 2012 (il avait été battu par l'ex juge Eva Joly, dont la campagne avait ensuite viré à la déroute), le journaliste-animateur de télévision a compris qu'il aurait beaucoup à perdre dans les arcanes d'une administration muselée par les hauts fonctionnaires et la situation économique sclérosée, d'autant que François Hollande a besoin de soigner les élus locaux d'ici à sa fin de mandat.

«Hollande voulait recruter Hulot pour apaiser l'opinion»

Il sait aussi, affirme son entourage, que le locataire de l’Elysée, très engagé dans la négociation d'un accord global sur le climat, estime avoir largement rempli sa mission «verte» avec le succès de la COP 21 et le vote de la loi sur la transition énergétique en 2015. «Hollande voulait recruter Hulot pour apaiser l'opinion, alors que ce dernier veut continuer d'agiter le débat. C'est contradictoire», juge-t-on du coté de sa Fondation, où l'on se félicite du succès commercial de son dernier livre «Osons», tiré de l'appel du même nom lancé avant la COP 21. 

Nicolas Hulot clôt donc par un nouveau refus le quatrième épisode de sa vie politique. En 2007, il avait réussi à faire signer sa charte écologique par tous les candidats à la présidentielle. En 2012, il avait été rejeté comme candidat rejeté par l'appareil du parti Vert, aujourd'hui menacé d'implosion. Tout au long de 2015, son travail comme conseiller spécial de François Hollande a été salué. 2016 ne sera par conséquent pas pour lui une année ministérielle. Ce qui laisse les portes ouvertes, sait-on jamais, pour une autre candidature symbolique à l’Elysée, en mai 2017...

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