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Nicolas Hulot pressenti pour devenir le nouveau ministre de l’Ecologie de François Hollande

L’ancienne vedette de la télévision a conseillé François Hollande jusqu’à la fin de la grande conférence COP21 sur le climat. Il pourrait bientôt être nommé ministre de l’Ecologie

Nicolas Hulot et la politique, épisode 4! L’ancien animateur de l’émission phare de TF1 «Ushuaïa» est décidément abonné aux rôles de recours populaire sur une scène politique française marquée par la désaffection criante des citoyens vis-à-vis de leurs représentants.

En 2007, ce dernier avait obtenu que tous les candidats à la présidentielle, dont son futur vainqueur Nicolas Sarkozy, signent une charte pour l’environnement. L’ancien président avait ensuite tenté de le garder dans ses filets, sans y parvenir. En 2012, Nicolas Hulot avait cette fois franchi le Rubicon, posant sa candidature aux primaires écologistes pour la présidentielle à l’issue desquelles l’esprit de parti l’emporta, conduisant son adversaire, l’ancienne juge Eva Joly, à briguer les suffrages des Français. Résultat: 2,3% des voix.

Troisième étape: sa nomination par François Hollande comme conseiller spécial chargé de la protection de la planète, et en particulier de l’appui médiatico-politique à l’organisation de la grande conférence sur le climat COP21, qui s’est tenue à Paris en décembre 2015. La réussite était cette fois au rendez-vous. Avec, au final, l’obtention d’un accord salué par tous et des satisfecits généralisés.

Un joli coup pour François Hollande

L’épisode 4 de l’itinéraire politique de Nicolas Hulot, 60 ans, pourrait donc le voir, ces jours-ci, nommé par le président au poste de ministre de l’Ecologie. Un joli coup pour un François Hollande en manque cruel de popularité, et à la recherche de collaborateurs davantage en prise avec l’opinion. C’est de ce sujet que les deux hommes auraient, selon les médias, longuement parlé mercredi à l’Elysée, sur fond de polémique autour de la reprise des travaux pour l’aéroport Notre-Dame-des-Landes dans l’Ouest, et de débat autour du soutien sans faille apporté par le gouvernement à la filière nucléaire.

L’animateur de télévision, qui a créé une fondation qui porte son nom, avait démissionné de son poste de conseiller élyséen en janvier, après la COP21. Il s’est depuis tenu à l’écart des initiatives organisées par les écologistes pour réclamer une primaire à gauche pour les présidentielles de 2017. Mercredi soir à Paris, un débat organisé par le député vert Yannick Jadot réunissait sur la question tous les ténors écolos ainsi que l’ancien député européen Daniel Cohn-Bendit. Coïncidence intéressante: la plupart de ceux qui barrèrent la route à Hulot en 2012 ont aujourd’hui plutôt des mots conciliants envers son éventuelle nomination ministérielle…

Hulot à l’Ecologie, Ségolène Royal aux Affaires étrangères?

Dans une France où la classe politique est frappée d’une grave sclérose, la personnalité du créateur d'«Ushuaïa» permettrait, disent ses partisans, de renouer le lien avec les électeurs. D’autant que l’intéressé a toujours avoué «très bien travailler» avec François Hollande. Cela supposerait, bien sûr, que le président français trouve un point de chute pour son ex-compagne Ségolène Royal, aujourd’hui détentrice du portefeuille de l’Ecologie et des transports. Le scénario selon lequel celle-ci se verrait confier le ministère des Affaires étrangères, que Laurent Fabius s’apprêterait à quitter pour le Conseil constitutionnel, fait partie des pistes évoquées.

Un remaniement gouvernemental est attendu pour la fin de février. Il s’agira, dit-on à l’Elysée, de nommer l’équipe qui achèvera le quinquennat, avec pour double objectif de réconcilier le président avec l’opinion, et de soigner son profil de rassembleur à gauche pour décourager les autres candidatures au premier tour des futures présidentielles. Discrètement, François Hollande ménage également depuis le début de son mandat une autre personnalité populaire: l’ancien ministre centriste et ex-maire de Valenciennes Jean-Louis Borloo. Désormais à la tête d’une fondation pour l’électrification de l’Afrique, celui-ci dispose d’un bureau dans une annexe à l’Elysée où il travaillait étroitement avec… Nicolas Hulot.

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