Politique française

Derrière Martine Aubry, l’ombre d’Arnaud Montebourg

L’ancien ministre se croit capable d’incarner une alternative crédible à gauche

Il faut lire «L’Alternative Arnaud Montebourg» (Ed. Cherche Midi), publiée ces jours-ci alors que l’ancien ministre du redressement productif (Juin 2012-Aout 2014) reste silencieux. Dans cette enquête, le journaliste Antonio Rodriguez, qui a grandi à Delémont, démontre combien l’ex-élu de Saône-et-Loire ne lâche jamais prise. «On peut penser ce qu’on veut de ses «chimères» interventionnistes, explique l’auteur, mais il a mis ses paroles en actes. Il est peut-être un des rares à gauche à pouvoir dire: je ne vous ai pas menti.»

Autre source: un universitaire présenté à Montebourg par un ami. La discussion doit porter sur l’économie, puisque ce dernier a, entre autres, intégré la direction du groupe Habitat. La réalité? «Il ne pense qu’à la politique, explique notre interlocuteur. Il compte toujours sur ses 16% de voix aux primaires du PS. Il manque de réseaux. Il est pénalisé par son image de chien fou arrogant. Il n’a pas bonne presse à l’étranger en raison de son protectionnisme et de ses attaques contre la finance. Donc il retisse des liens.»

C’est là qu’intervient Martine Aubry. La maire de Lille, fille de Jacques Delors, se méfie du fringant avocat de 53 ans, dont la compagne est l’ex-ministre de la culture Aurélie Filipetti. Mais une alliance, même chaotique, n’est plus à exclure. Montebourg, après avoir fait alliance avec Manuel Valls pour que ce dernier soit nommé à Matignon en 2014, s’est lui aussi senti «trahi» lorsque son allié a mis fin à ses fonctions. Aubry-Hollande, Montebourg-Valls: les deux matches-revanche se jouent simultanément.

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