Irak

Les Etats-Unis redoutent un effondrement «catastrophique» du barrage de Mossoul

Washington a lancé mercredi un appel à une mobilisation internationale pour prévenir une «catastrophe humanitaire de proportions gigantesques». Une firme italienne est sur place pour engager des travaux

Le plus grand barrage d'Irak pourrait-il céder? Les Etats-Unis ont lancé mercredi un appel à une mobilisation internationale pour prévenir une «catastrophe humanitaire de proportions gigantesques» qui pourrait être causée par un effondrement du barrage de Mossoul, dans le nord de l'Irak.

La firme italienne Trevi a été sélectionnée pour engager des travaux sur le barrage qui, après avoir été pendant une courte période en 2014 contrôlé par les djihadistes de l'Etat islamique, est actuellement protégé par les combattants kurdes.

Lire aussi:Les djihadistes contrôlent le barrage de Mossoul (août 2014)

Risques élevés de rupture

Cet immense barrage sur le Tigre présente des risques élevés de rupture car il est construit sur un sol instable. Il est situé en amont de la ville de Mossoul, deuxième ville du pays, tenue par les djihadistes du groupe Etat islamique. Il approvisionne en eau et en électricité la majeure partie de la région et est indispensable à l'irrigation de vastes zones de culture dans la province de Ninive, dont Mossoul est le chef-lieu.

Une rupture du barrage entraînerait une vague énorme qui ravagerait Mossoul mais inonderait aussi la capitale irakienne Bagdad, à 400 kilomètres plus au sud. Au total, la catastrophe pourrait affecter jusqu'à 1,5 million de personnes.

Après avoir présidé une réunion avec l'ambassadeur d'Irak à l'ONU, Mohammed al-Hakim, au cours de laquelle elle a été informée de la situation, l'ambassadrice des Etats-Unis, Samantha Power, a appelé tous les membres de l'ONU à prendre des mesures pour prévenir une telle catastrophe.

«Une vague de 14 mètres»

«Il est essentiel que tous les membres de l'ONU soient rapidement informés de l'importance du problème et de la nécessité d'être prêts à empêcher une catastrophe humanitaires de proportions gigantesques», a ensuite déclaré Mme Power dans un communiqué diffusé par la mission américaine à l'ONU.

Elle a qualifié de «glaçants» les exposés présentés par des experts techniques, des ingénieurs et des représentants des agences de l'ONU chargées de l'aide et du développement. «En cas de rupture, il existe en certains endroits la possibilité d'une vague pouvant atteindre une hauteur de 14 mètres qui emporterait tout sur son passage», a souligné la diplomate américaine. Mme Power a déclaré que des réparations devaient être entreprises aussi tôt que possible.

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