Europe

Le message de la Suisse: «L'attaque de Bruxelles a visé toute l'Europe»

Les ministres de l'Intérieur des Vingt-Huit et des pays associés se sont réunis jeudi. L'ambassadeur Roberto Balzaretti apporte le soutien de la Suisse et plaide pour l'échange d'informations. Mais l'UE est parcourue de tensions

La Suisse est «totalement solidaire» avec la Belgique et affirme que les attentats contre ce pays constitue aussi «une attaque contre toute l'Europe». Dès lors, elle appelle à des réponses communes et efficaces contre les extrémistes.

C'est en résumé le message qu'a livré l'ambassadeur Roberto Balzaretti, chef de la mission suisse auprès des institutions européennes, lors de la réunion extraordinaire des ministres de l'Intérieur de l'Union européenne et des pays associés. Il y remplaçait la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga en charge de Justice et Police. La dernière réunion urgente de ce type avait eu lieu à Bruxelles au lendemain des attentats de Paris en novembre dernier.

Relier les banques de données

Berne est prête à fournir du personnel au Centre européen pour la lutte contre le terrorisme, qui a été crée au sein d'Europol. Elle est aussi sur la même longueur d'onde sur le besoin de renforcer l'inter-opérabilité des banques de données en Europe, afin de traquer les déplacements des terroristes à l'intérieur de l'espace Schengen.

Les deux principaux aéroports suisses sont déjà dotés d'une technologie qui permet de scanner les passeports et d'avoir accès à toutes les informations sur les passagers.

L'énervement d'un commissaire européen

L'échange d'informations a été l'un des thèmes forts de la réunion de jeudi. Le commissaire européen Dimitris Avamopoulos, en charge de l'Intérieur, a exigé que les Vingt-Huit renforcent la collaboration en la matière. De fait, il juge que l'UE n'a pas vraiment besoin de nouvelles mesures. «Une série des décisions ont été prises depuis janvier 2015 suite aux attentats contre Charlie Hebdo et contre une épicerie casher à Paris», rappelle le commissaire. Ne cachant pas son énervement, il enjoint les Etats à les mettre en œuvre dans les plus brefs délais. Selon lui, il la volonté politique manque encore.

Parmi ces mesures, le projet du Passenger Name Record (PNR) européen qui obligerait les compagnies d'aviation de livrer les noms des passagers avec l'atterrissage aux autorités locales. L'objectif est d'identifier les djihadistes européens qui reviennent de la Syrie ou d'Irak. Le projet est à présent bloqué au Parlement européen par manque de majorité. La Suisse, qui a déjà un accord PNR avec les Etats-Unis, se dit prête pour le projet européen. A condition que les Européens se mettent d'accord entre eux.


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