France

Un abattoir français ferme après la diffusion de vidéos de maltraitances

Les vidéos ont été diffusées par l’association de défense des animaux L214. Le directeur de l’abattoir a fait part de son dégoût en découvrant les images. Des inspections vont être menées dans tous les abattoirs français

Un abattoir du sud-ouest de la France a été fermé à titre conservatoire après la diffusion mardi de vidéos témoignant de maltraitance animale, de nouvelles images qui ont décidé les autorités françaises à ordonner des inspections dans tous les abattoirs du pays.

L’association de défense des animaux L214 a mis en ligne sur son site internet deux vidéos montrant des animaux visiblement mal étourdis ou brutalisés, des moutons saignés alors qu’ils présentaient encore des signes de vie, et même un agneau écartelé encore vivant.

Pour L214, qui a porté plainte pour «acte de cruauté», ces vidéos «montrent de multiples infractions aux règles de protection animale et des scènes de souffrance animale sévère, ainsi que de graves manquements et violences de la part du personnel de l’abattoir».

Des actes «innommables»

«Je suis dégoûté, c’est inadmissible», a réagi Gérard Clémente, le directeur de l’abattoir, situé à Mauléon-Licharre. Atterré et en colère, il a reconnu dans les vidéos ses installations ainsi que deux employés, qu’il entend mettre à pied pour des actes «innommables».

De son côté, le maire de Mauléon, Michel Etchebest, a annoncé dans un communiqué prononcer «la fermeture de l’abattoir pour une durée indéterminée, à titre conservatoire» afin qu’une enquête puisse faire la lumière sur ces pratiques.

Inspections dans tous les abattoirs français

Le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll a, lui, exigé la «suspension immédiate» de l’activité de cet abattoir et ordonné de procéder d’ici un mois à des «inspections spécifiques sur la protection animale dans l’ensemble des abattoirs» du pays. En cas de manquements avérés, le ministre demandera la «suspension sans délai» de l’agrément de ces établissements, a-t-il ajouté.

L214 avait déjà révélé ces derniers mois des faits similaires dans les abattoirs d’Alès et du Vigan (sud-est), qui avaient tous deux été fermés temporairement après la diffusion de vidéos choquantes. Ces scandales ont abouti à la création, la semaine dernière, d’une commission d’enquête parlementaire «sur les conditions d’abattage des animaux de boucherie dans les abattoirs français».

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