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fukushima au jour le jour

Avril 2011

Samedi 30 avril 2011

Dès cet après-midi, l’opérateur de la centrale nucléaire Fukushima Daiichi va reprendre l’évacuation de l’eau hautement radioactive d’un tunnel du bâtiment du réacteur 2. Deux pompes seront mises en services. L’opération de transvasement avait été interrompue vendredi pour vérifier s’il y avait des fuites dans le bâtiment.

Tepco a pompé 2400 tonnes d’eau radioactive du tunnel depuis le 19 avril. A la question, mais où va aller cette eau radioactive, Tepco annonce qu’elle envisage d’enterrer des citernes et de stocker cette eau radioactive sur place. Cette stratégie a l’avantage de faire disparaître immédiatement le problème, mais l’inconvénient de transmettre «la patate chaude» aux générations futures d’ingénieurs et de transférer les coûts au gouvernement japonais.

L’employée de Tepco fortement irradiée jeudi était accompagnée de 20 autres collègues. Trois d’entre elles ont également été fortement contaminées. Elles n’avaient pas les protections nécessaires pour travailler dans ce bâtiment confesse Tepco.

Vendredi 29 avril 2011

Après avoir déversé des tonnes d’eau qui ont mélangé et dilué l’eau hautement radioactive, c’est en toute logique que Tepco a annoncé que les taux d’iode et de césium ont diminué dans la piscine du réacteur 4 et le bâtiment du réacteur 1. L’eau hautement radioactive a été stockée en vue d’un «éventuel traitement». Mais au rythme où l’eau s’accumule, il semble que l’océan Pacifique soit la solution alternative.

Dans les galeries du réacteur 2, l’eau continue de descendre à un rythme de 1 cm par jour. Une bonne nouvelle en chasse l’autre. Aujourd’hui, les taux de radioactivité de l’eau située sous les réacteurs 3 et 4 sont à nouveau à la hausse. Il s’agit vraiment d’une histoire sans fin. L’opérateur prévoit qu’il faudra 3 mois pour que le niveau de radiations commence à baisser et 9 mois pour réduire les fuites radioactives à un niveau «très bas».

Nous terminons sur une note positive, la température continue à descendre dans le réacteur 1 et de l’azote est injecté afin de prévenir une explosion d’hydrogène.

Jeudi 28 avril 2011

Après avoir injecté 10 tonnes d’eau par heure dans le réacteur 1 de manière expérimentale, deux conclusions peuvent être tirées: A) le réacteur a tenu le coup, B) la température est passée de 107 degrés à 84 degrés Celsius et la pression diminue. Par contre, Tepco ne sait pas combien d’eau se trouve à l’intérieur du réacteur 1.

Hier, Tepco a révisé ses estimations des dégâts, mises en doute par l’Agence de sûreté nucléaire japonaise. Pour le réacteur 1, l’opérateur a fait passer de 55 à 70% le taux de dégâts du combustible nucléaire, reconnaissant que les niveaux de radiation n’étaient pas corrects et devaient être revus à la hausse. Pour les réacteurs 2 et 3, Tepco est passé de 5% de dégâts à respectivement 35% et 30%.

Finalement, une employée de Tepco, qui travaillait dans l’un des bâtiments hautement radioactifs, a été très fortement irradiée. Tepco s’excuse du fait qu’elle n’avait pas reçu un masque de protection et un équipement adéquat pour ce type d’opération. Deux autres collègues, qui se trouvaient avec elle, ont également été irradiées sans que Tepco révèle la gravité de leur irradiation.

Mercredi 27 avril 2011

Cela faisait déjà un moment que nous n’avions plus de nouvelle du réacteur 2; c’est donc à cet instant qu’il nous fait des signes: l’eau qui se trouve dans ses galeries est beaucoup plus radioactive que prévu. Tepco est en train d’essayer d’évacuer une partie de cette eau. Pour résumer, les taux de radioactivité sont en train de monter dans les réacteurs 1, 2 et 3 ainsi que dans la piscine du réacteur 4. Tout va bien du côté des réacteurs 5 et 6.

Aujourd’hui à titre expérimental, Tepco va augmenter la quantité d’eau déversée dans le réacteur 1 passant de 6 à 14 tonnes par heure. Après avoir vérifié qu’il n’y avait pas de fuite à l’intérieur du réacteur 1, cette opération devrait aider à couvrir les crayons de combustible qui sont à l’air libre. Il s’agit d’immerger les barres de combustible pour assurer un refroidissement continu. Le concept a l’air bon, mais il va à l’encontre de ce que Tepco avait annoncé il y a 3 jours: diminuer la quantité d’eau car le réacteur 1 est soumis à une trop forte érosion aquatique.

Dans les bonnes nouvelles, hier mardi, des robots télécommandés ont été envoyés à l’intérieur du bâtiment du réacteur 1 pour en vérifier l’état, notamment la présence de fuites éventuelles. Aucun dégât majeur n’a été constaté.

Mardi 26 avril 2011

Le plus gros avantage d’avoir six réacteurs dans une centrale nucléaire, c’est qu’en cas de pépin on ne s’ennuie jamais. Après avoir rencontré des soucis avec les réacteurs 1 et 4 durant ce week-end, ce mardi, c’est au tour du réacteur 3 de se rappeler aux bons souvenirs des ingénieurs.

En effet, le niveau de radioactivité de l’eau est en train de monter dans le sous-sol du réacteur 3 et dans la piscine du réacteur 4. Dans le sous-sol du réacteur 3, la quantité d’eau n’est plus qu’à 99 centimètres de la limite (+10 centimètres en 3 jours). Tepco va devoir transvaser cette eau, mais l’opérateur n’a pas de lieu de stockage pour l’instant.

Dans la piscine du réacteur 4, les taux de césium 134 et 137 et d’iode 131 ont également pris l’ascenseur.

Dans les bonnes nouvelles, Tepco refait actuellement les circuits électriques. Les six réacteurs de la centrale nucléaire sont maintenant reliés par paires à des sources d’alimentation extérieures.

La préfecture de Fukushima a lancé une vaste opération pour euthanasier une partie des animaux qui se trouvent dans la zone d’exclusion de 20-30 km autour de la centrale. Plus de 3000 vaches, 30 000 cochons, 630 000 poulets, 100 chevaux et des milliers de chiens vivaient dans cette zone. Une partie de ces animaux sont déjà morts de faim ou devront être abattus.

Lundi 16h00

Tepco annonce que 70% du combustible nucléaire contenu dans le réacteur 1 est endommagé. Les ingénieurs ont lancé l’idée d’installer un échangeur de chaleur pour accélérer le rétablissement du système de refroidissement. Le refroidissement actuel avec de l’eau fragilise le réacteur 1 qui ne pourrait plus supporter un tremblement de terre.

L’idée de Tepco se heurte à un inconvénient majeur: l’installation doit se faire par des humains alors que le taux de radioactivité dans le réacteur 1 est mortel pour l’homme. Bref, de la théorie à la pratique, il y a un grand écart. Tout comme l’effet d’annonce et de communication face à la réalité du terrain. L’équation semble toujours être aussi insoluble.

Lundi 25 avril 2011 (07h00)

L’eau radioactive de la piscine du réacteur 4 joue au yo-yo. Après être montée à 91 degrés samedi, il a fallu 200 tonnes d’eau pour faire descendre le thermomètre à 66 degrés Celsius hier dimanche. Ce lundi, la température est remontée à 81 degrés et Tepco est à nouveau obligé d’ajouter 210 tonnes d’eau aujourd’hui.

Ce n’est pas forcément la stratégie annoncée samedi: réduire la quantité d’eau à 70 tonnes/jour car le bâtiment du réacteur 4 montre des signes de faiblesse et croule sous le poids et l’érosion de l’eau. Mais priorité au remplissage, car il manque actuellement 2,5 mètres d’eau dans cette piscine et une partie des 1535 crayons radioactifs est à l’air.

La préfecture de Fukushima a lancé une vaste opération pour euthanasier une partie des animaux qui se trouvent dans la zone d’exclusion de 20-30 km autour de la centrale. Plus de 3000 vaches, 30 000 cochons, 630 000 poulets, 100 chevaux et des milliers de chiens vivaient dans cette zone. Une partie de ces animaux sont déjà morts de faim ou devront être abattus.

Dimanche 24 avril 2011

Alors que les médias ne parlent plus beaucoup de Fukushima, nous serions tentés par l’adage: pas de nouvelles, bonnes nouvelles. Depuis quelques jours, nous aimerions bien avoir des bonnes nouvelles, mais ce n’est pas encore le cas.

Tepco se bat toujours avec des tonnes d’eau utilisées pour refroidir les réacteurs. D’ici à la fin de juin, Tepco désire installer des cuves de stockage pouvant contenir 31 000 tonnes d’eau hautement radioactive et avec l’espoir d’en pouvoir faire quelque chose un jour. Cela permettra à l’entreprise française Areva de montrer que son savoir-faire dans le traitement de l’eau radioactive n’est pas uniquement une opération de communication et de «public relations». Areva est en train de «bricoler» un système de filtration des déchets radioactifs sans que l’on sache si cette improvisation pourra être fonctionnelle un jour.

Tepco a également présenté une carte de la centrale avec la liste de tous les débris hautement radioactifs qui devront être enlevés par des machines de chantier télécommandées à distance.

Fait nouveau: des milliers de manifestants se sont réunis à Tokyo pour demander l’arrêt du nucléaire au Japon et le développement des énergies renouvelables. Alors qu’ils n’étaient que des dizaines, les semaines passées, cette augmentation est significative.

Samedi 23 avril

Les nouvelles ne sont pas très bonnes du côté de Fukushima. Est-ce dû à une plus grande transparence du gouvernement ou à une situation qui est en train de déraper? Les deux grosses préoccupations de l’instant: le réacteur 1 et la piscine 4.

A force de l’arroser, le réacteur 1 semble donner des signes de grosse fatigue. Le gouvernement japonais se soucie de sa capacité à résister à de nouveaux tremblements de terre. Des 3 réacteurs en dérive, les crayons de combustible nucléaire du réacteur 1 sont les plus endommagés et chaque heure 6000 tonnes d’eau sont nécessaires pour les refroidir. Tepco présume que l’eau s’évapore, pour se condenser peu après dans l’enceinte de confinement. L’opérateur prévoit de remplir partiellement l’enceinte de confinement avec de l’eau pour refroidir le réacteur. Les ingénieurs souhaitent que le niveau d’eau atteigne le haut des crayons de combustible du réacteur 1 d’ici à la mi-juillet. Il en va de même pour le combustible du réacteur 3, même motif, même date. D’ici là, et s’il n’y a pas une grosse secousse tellurique, nous aurons le temps d’en reparler.

Du côté de la piscine du réacteur 4, Tepco a pris la décision de minimiser la quantité d’eau de refroidissement injectée dans la piscine de combustible usé. Ceci par crainte d’endommager encore plus le bâtiment du réacteur lui-même, qui pourrait crouler sous le poids de l’eau! Rien que ça!

Hier vendredi, la température de l’eau était d’environ 91 degrés Celsius, soit plus de 50 degrés de plus que la température normale. Tepco a donc été forcé d’injecter 200 tonnes d’eau et forcément ça pèse! Evoquant les dégâts constatés sur les murs du bâtiment contenant la piscine suite à l’explosion d’hydrogène du mois dernier, Tepco estime que des injections excessives d’eau pourraient affaiblir encore plus la structure du bâtiment. Nous en venions presque à regretter quand Tepco nous cachait la vérité, ça nous faisait moins peur…

Vendredi, 8h00

Le porte-parole du gouvernement, Yukio Edano, a annoncé que le taux de radioactivité dans la zone de sécurité de 20 à 30 km autour de la centrale de Fukushima, était très dangereux pour la santé des habitants. Les habitants ont un mois pour évacuer.

Le PDG de Tepco, Masataka Shimizu, a rencontré et présenté ses excuses au gouverneur de Fukushima Yuhei Sato. M. Sato avait toujours refusé de rencontrer le PDG de Tepco, critiquant la manière dont l’entreprise gérait la crise.

■Vendredi 22 avril 2011 (07h30)

Sixième semaine depuis le tremblement de terre. Depuis vendredi dernier, les progrès montrent une stagnation. Le seul véritable changement provient du gouvernement qui semble avoir changé sa stratégie de communication et montrer un peu plus de franchise.

Les tentatives pour faire baisser les niveaux d’eau hautement radioactive dans le réacteur 2 montrent une diminution de 5 centimètres seulement. L’eau pompée est immédiatement remplacée par l’eau utilisée pour refroidir les réacteurs.

Le premier ministre japonais Naoto Kan a rencontré des réfugiés de Fukushima. Sa visite a été très tendue. Certains habitants n’ont pas hésité à critiquer sa manière de gérer cet accident. Pour un pays d’habitude très retenu, ces attaques devant les caméras de la TV nationale sont les premières depuis le début de la catastrophe nucléaire. Durant sa visite, une zone interdite de 20 km autour de la centrale a été décrétée. La police a découvert que plus de 60 familles y vivaient toujours en dépit des risques liés aux radiations.

Le ministère japonais de la Santé va mener des tests pour évaluer si le lait de certaines femmes contient des traces de radioactivité à la suite de l’accident nucléaire déclenché le 11 mars. Des mesures réalisées par un institut privé ont mis en évidence de faibles traces d’iode radioactif 131 dans certains prélèvements de lait maternel chez jusqu’à 50% des femmes testées dans un périmètre de 150 km de Fukushima.

■ Jeudi 21 avril 2011 (07h00)

Les visites dans les réacteurs par les deux robots, montrent qu’il sera bien périlleux d’y entrer. A part des taux de radioactivité mortels pour l’homme, le pourcentage d’humidité dépasse les 94%. Tepco va devoir installer des systèmes à air conditionné pour diminuer cette humidité.

Les efforts de pompage de l’eau hautement radioactive dans le réacteur 2 atteignent leurs limites. En deux jours, malgré le pompage de tonnes d’eau, le niveau ne descend toujours pas. L’eau radioactive évacuée est systématiquement remplacée par celle qui refroidit les réacteurs. L’assèchement des salles des machines et des canalisations souterraines est une condition essentielle pour faire redémarrer le système de refroidissement des réacteurs.

Le rayon d’évacuation de 20 km mis en place autour de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima va délimiter une zone interdite, afin d’éviter que les 80’000 personnes évacuées y retournent en dépit de risques élevés pour leur santé.

■ Mercredi 10h00

Le gouvernement japonais a interdit la vente des poissons de Fukushima et a demandé à la population de ne pas les manger. C’est la première fois que le gouvernement fait une annonce aussi catégorique. Lundi, le Ministère de la santé a mesuré dans certains poissons des taux très élevés de césium radioactif, jusqu’à 29 fois la limite légale.

■ Mercredi 20 avril 2011

Les estimations financières actuelles pour résoudre les problèmes de Fukushima montrent que la facture finale pourrait atteindre les 220 milliards de dollars. En comparaison, 25 ans après Tchernobyl, les coûts totaux se montent à 285 milliards de dollars.

Débuté hier, le pompage du réacteur 2 a permis l’évacuation de 210 tonnes (sur 25 000 tonnes) d’eau hautement radioactive et l’abaissement de 1 cm d’eau dans les salles des machines ainsi que des canalisations et des galeries souterraines. A ce rythme, le bout du tunnel est encore assez loin!

De leur côté, les radiations et le niveau de l’eau mesuré dans les réacteurs 5 et 6 ainsi que dans les canalisations qui relient les réacteurs 3 et 4 sont repartis à la hausse. Tepco devra déplacer plus de 100 tonnes d’eau des réacteurs 5 et 6. Au total dans toute la centrale, Tepco est en face d’une montagne de 67 500 tonnes d’eau radioactive. Un travail titanesque et certainement des rejets en vue dans l’océan Pacifique.

■ Mardi 19 avril 2011

Tepco a débuté le pompage de l’eau hautement radioactive qui se trouve dans le bâtiment du réacteur 2 et qui menace de se déverser, une fois de plus, dans le Pacifique. Environs 10 000 tonnes d’eau devront être transvasées et ensuite traitées dans une installation proche du réacteur 4. Tepco espère pouvoir transférer 480 tonnes d’eau par jour et terminer ce travail dans plus d’un mois.

Tepco avait déjà tenté de vider cette galerie technique souterraine reliée au réacteur 2, mais des fuites provenant de l’arrosage régulier des réacteurs continuaient de la remplir d’une eau fortement irradiée. Hier, des robots étaient entrés dans le bâtiment du réacteur 2 et avaient mesuré des taux de radiation bien trop élevés pour que des hommes puissent y travailler. Tepco va également vérifier si du plutonium s’est effectivement échappé des réacteurs. De petites quantités de plutonium avaient déjà été décelées autour de la centrale de Fukushima.

■ Lundi 18 avril

Les mesures de radioactivité prises par des robots à l’intérieur du réacteur 3 montrent un taux élevé, entre 28 et 57 millisieverts par heure (500 000 millisieverts par an) et dans le réacteur 1 de 10 à 49 millisieverts par heure (430 000 millisieverts par an).

Les doses légales pour les liquidateurs étant fixées à 250 millisieverts par an, un ouvrier pourra y travailler pendant 5 heures avant de devoir quitter la centrale nucléaire pour une année. Ça ne va pas être facile!

Ce lundi, ce robot va effectuer les mêmes mesures dans le réacteur 2. Des photos devraient également être prises.

De son côté, le taux de radioactivité et le niveau de l’eau sous le réacteur 2 continuent de croître. Si le niveau continue de s’élever, l’eau pourrait déborder et se déverser, à nouveau, dans le Pacifique.

Dimanche 17 avril 2011

A court d’idées et de solutions, Tepco tente de gagner du temps et annonce qu’il lui faudra au moins 6 à 9 mois pour reprendre le contrôle des réacteurs de la centrale de Fukushima et environ trois mois pour commencer à réduire la radioactivité.

Ce dimanche, des robots américains vont tenter de pénétrer dans les réacteurs pour prendre des images et mesurer la contamination.

Le niveau de la radioactivité de l’eau souterraine est en constante augmentation depuis hier. Cette eau hautement contaminée pourrait venir des fuites du réacteur 2. Si le niveau de l’eau continue de monter, elle pourrait à nouveau se déverser dans le Pacifique.

De son côté, le CEO de Tepco, Masataka Shimizu, pourrait prochainement laisser sa place. Depuis le début de la catastrophe, M. Shimizu a brillé par son absence et son congé maladie pour raison de stress.

Samedi 20h00

Selon le gouvernement, la radioactivité a fortement augmenté dans le Pacifique. Cette nouvelle hausse pourrait provenir d’une nouvelle fuite en provenance de la centrale. Les quantités d’iode 131 sont 6500 fois supérieures à la limite légale et les quantités de césium 134 et 137 ont été multipliées par 4.

Ce samedi, les liquidateurs ont commencé à déverser des sacs de zéolithes dans la mer. Ce minerai a la particularité d’absorber la radioactivité du césium.

Ce matin, une secousse tellurique de 5,9 a secoué le nord de Tokyo.

Samedi 16 avril 2011

Selon Tepco, le niveau de l’eau radioactive dans un tunnel du réacteur 2 continue d’augmenter. L’opérateur craint également de possibles fuites d’eau radioactive dans l’océan ou dans la nappe phréatique.

Mercredi, Tepco avait terminé de transférer de l’eau contaminée, environ 660 tonnes, du tunnel vers le condenseur d’une turbine. Cette opération avait permis d’abaisser de 8 cm le niveau d’eau dans le tunnel. Mais ce samedi matin, le niveau a de nouveau augmenté, dépassant de 2,5 cm celui précédemment enregistré. Il doit y avoir une fuite quelque part.

Vendredi 17h00 Hier, après avoir révélé que les barres radioactives de la piscine 4 ont en partie fondu, Tepco annonce aujourd’hui que l’eau radioactive dans les sous-sols des réacteurs 1, 2 et 3 est en augmentation.

Dans le réacteur 1, les quantités d’iode 131 ont été multipliées par 6 et le césium de 38 x depuis cette semaine. Sous le réacteur 2, la radioactivité de l’eau a augmenté de 17x pour l’iode, et 8 x pour le césium.

Depuis 10 jours, Tepco a pompé 660 tonnes de cette eau hautement radioactive pour la stocker provisoirement dans un bassin placé sous le réacteur 2. Mais les quantités d’eau à évacuer ne baissent pas, ce qui montre que l’eau injectée par les liquidateurs pour refroidir les réacteurs s’échappe quelque part. Selon Tepco, il y a environ 60 000 tonnes d’eau hautement radioactive à retirer des sous-sols des réacteurs 1 à 3.

Entre le 11 mars et le 5 avril, 500 millions de tweets (twitter.com) ont été échangés sur la catastrophe nucléaire de Fukushima, avec des pointes à 650 000 messages par jour. Quand l’information devient immédiate, même à l’autre bout de la planète. Surprenant! (Twitter avec 2000Watts.org)

Voir l’évolution des tweets dans le monde depuis le début des catastrophes de Fukushima (cliquez ici)

Vendredi 15 avril 2011

Cinq semaines après le tremblement de terre, la centrale de Fukushima est comme figée dans le temps: c’est toujours l’impasse, personne ne voit la lumière au bout du tunnel et les émissions de radiations continuent. Le grand changement de la semaine: le niveau de la catastrophe a été élevé à 7 sur une échelle de 7.

Le gouvernement a demandé à Tepco d’indemniser les habitants de la zone contaminée dans un rayon de 30 km autour de la centrale de Fukushima. Les indemnités s’élèvent à 12’000 $ pour les familles et 9000 $ pour les personnes seules.

Les 330 policiers en charge de trouver les victimes du tsunami autour de la centrale de Fukushima ont découvert les corps de 11 personnes.

Jeudi 14 avril 2011

Les opérations de pompage de 700 tonnes d’eau contaminée ont débuté dans une galerie souterraine du réacteur 2 de Fukushima. Cette eau hautement radioactive devrait être stockée dans un condensateur. L’opération est prévue pour durer 4 à 5 jours. Mais au fur et à mesure que cette eau est pompée, elle est remplacée par l’eau qui arrose et refroidit les réacteurs. Un vrai fil d’Ariane.

«Nous faisons de notre mieux pour trouver un moyen de nous débarrasser de cette quantité massive d’eau polluée de substances radioactives et pour limiter les radiations», a souligné le PDG de Tepco, M. Masataka Shimizu.

Les techniciens ont également prélevé des échantillons d’eau de la piscine du réacteur 4. Ces informations devraient permettre de connaître l’état des 1331 barres de combustible nucléaire qui stagnent dans ce bassin et d’examiner les moyens à mettre en œuvre pour les extraire et les mettre dans un lieu sûr.

Mercredi 15h00

Le Département de la santé japonais indique qu’il a relevé les plus forts taux de contamination radioactive dans l’océan depuis le début des mesures il y a 3 semaines. Des prélèvements à 15 et 30 km de la centrale de Fukushima montrent des quantités d’iode 135 et de césium 137 bien supérieures aux limites légales. Les substances radioactives flottent et se dirigent vers le nord. Le gouvernement indique qu’il est très difficile de prévoir les trajectoires que vont suivre ces substances.

Mercredi 13 avril (07h00)

Du strontium 90 radioactif a été mesuré jusqu’à 80 km de la centrale de Fukushima dans les sols et les plantes. Le strontium se substitue au calcium dans les os et provoque des cancers. Cerise sur le gâteau, sa demi-vie est de 28 ans (perd 50% de ses radiations en 28 ans). Le strontium est obtenu par la fonte des barres d’uranium dans un réacteur.

Ce matin, nouvelle réplique sismique à Fukushima d’une magnitude de 5,8. Elle répond à une secousse de 6,0 hier après-midi. Tepco annonce qu’une évacuation de la centrale atomique n’est pas nécessaire.

De nombreux Japonais en veulent aux autorités d’avoir attendu la fin des élections locales de dimanche passé pour élever subitement l’accident nucléaire de Fukushima au niveau 7 et d’élargir la zone de sécurité.

Selon les nombreux messages publiés dans les médias sociaux japonais et repris par de plus en plus de journaux, le Parti démocrate nippon a délibérément retardé l’annonce du niveau de gravité de la centrale de Fukushima pour tenter de limiter les dégâts durant les élections. La bonne nouvelle? Le Parti démocrate a finalement perdu ces élections.

Mardi 14h00

Incroyable cacophonie au Japon. Alors que le porte-parole du gouvernement Yukio Edano mangeait devant les caméras des fraises cultivées à Fukushima, le périmètre de sécurité a été élargi autour de la centrale pour cause de radioactivité.

Quelques heures avant, le premier ministre Naoto Kan affirmait que la situation des réacteurs «avance pas à pas vers une stabilisation et que les émanations radioactives étaient en diminution». Et hop, il n’avait pas terminé sa conférence de presse que le niveau de la catastrophe passait de 5 à 7. A la centrale, un incendie minime a pu être éteint. De l’azote est toujours pompé dans le réacteur 1. Il semble qu’une fuite empêche l’azote de rester dans le confinement.

Mardi 08h30

Une nouvelle réplique sismique de magnitude 6,0 à Fukushima a forcé les employés à quitter la centrale. Les liquidateurs étaient en train de vider l’eau très radioactive du réacteur 2 et d’injecter de l’azote dans le réacteur 1 afin d’éviter une explosion d’hydrogène. Les systèmes de refroidissement n’auraient pas été impactés par cette nouvelle secousse.

Mardi 12 avril 2011 (07h30)

L’Agence japonaise de sûreté nucléaire a élevé au niveau maximum de 7 l’accident nucléaire de Fukushima sur l’échelle des événements nucléaires et radiologiques (INES), le plaçant au même degré de gravité que la catastrophe de Tchernobyl. L’agence souligne que les grandes quantités d’iode et de césium relâchées dans l’atmosphère peuvent «affecter» la santé des personnes et l’environnement.

«Les fuites radioactives n’ont pas cessé complètement et notre inquiétude est qu’elles dépassent finalement celles de Tchernobyl.» Le représentant de Tepco, Junichi Matsumoto, souligne que le passage au niveau 7 est dû aux grandes émanations radioactives relâchées. Il s’est excusé devant les Japonais.

Un mois après le séisme et le tsunami dévastateur, «tout est sous contrôle et ce n’est pas dangereux pour la santé». Cette annonce souligne la gravité de la situation et la difficulté pour Tepco de résoudre l’équation posée par les 4 réacteurs rebelles.

Depuis quelques jours, le gouvernement japonais a été mis sous pression alors que des reporters indépendants, la Préfecture de Fukushima et Greenpeace publient des taux de contamination bien plus élevés que Tepco. Le gouvernement a également élargi la zone de sécurité au-delà de 20 km.

Lundi 14h00

Un nouveau tremblement de terre a secoué la centrale de Fukushima. D’une magnitude de 6,6 avec un épicentre à 13 km de profondeur, et à 81 km de Fukushima, il a obligé les travailleurs à quitter le site.

Tepco a annoncé que l’alimentation électrique extérieure des réacteurs 1, 2 et 3 avait été interrompue par la secousse et que le refroidissement s’était arrêté. Le système électrique a pu être rétabli 50 minutes après le tremblement de terre. Il reste à vérifier que cette secousse n’ait pas trop endommagé le peu de structures qui restent dans la centrale.

Le gouvernement japonais confirme que la zone de sécurité va être élargie au-delà des 20 km actuels à cause de taux de contamination radioactive trop élevés.

Lundi 7h30

Alors que Tepco annonce un taux de radioactivité en baisse, le gouvernement japonais désire élargir le périmètre de sécurité à plus de 20 km de la centrale de Fukushima. Tepco souligne que les liquidateurs n’ont pas progressé dans leurs tentatives de remise en état de marche des systèmes de refroidissement des réacteurs. Les rejets d’eau radioactive devraient se terminer aujourd’hui.

Lundi 11 avril 6h30

Il y a un mois que 4 catastrophes éclataient à Fukushima. Depuis Tepco, le propriétaire du complexe de 6 réacteurs nucléaires n’a pas réussi à trouver une solution pour refroidir les réacteurs et limiter les émissions radioactives.

Deux journalistes indépendants ont filmé et dévoilé des taux de radiation bien supérieurs aux informations divulguées par Tepco, dans la zone d’exclusion de 20 km et à 1,5 km de la centrale. Depuis la diffusion de cette vidéo sur Internet, la Préfecture de Fukushima a décidé de ne plus faire aveuglément confiance à Tepco. Elle va faire ses propres mesures de radioactivité et les divulguer à ses habitants.

Dimanche 17h00

Tepco a commencé à utiliser des engins de déblaiement, pilotés à distance, pour commencer à nettoyer la centrale du Fukushima. Le taux de radiation est tellement élevé qu’il est trop dangereux pour la santé des liquidateurs. Seuls ces robots peuvent le faire.

Dimanche (12h30)

Tepco annonce que les opérations de vidange de l’eau radioactive dans l’océan ne se déroulent pas aussi facilement que prévu. Le niveau d’eau très radioactive sous le réacteur No 2 continue de remplir le canal souterrain. Il ne reste que 92 centimètres pour qu’il ne déborde. Hier, son niveau s’était élevé de 12 centimètres.

Dimanche 10 avril (11h00)

Pour palier le manque chronique de main-d’œuvre désirant travailler à Fukushima, Tepco a proposé une solution miracle afin que les liquidateurs puissent travailler plus longtemps auprès des réacteurs de Fukushima: Augmenter les doses de rayonnements ionisants. Ainsi les équipes qui œuvrent par rotation de 3 jours pourront rester plus longtemps.

En «collaboration» avec le Ministère de l’industrie japonais, le taux limite des taux de radiation passera de 100 millisieverts par an à 250 millisieverts par année.

Cependant, les sociétés intérimaires qui travaillent avec Tepco refusent cette nouvelle augmentation. Elles soulignent que les liquidateurs qui travaillent dans la centrale ne les acceptent également plus. Tepco va se retrouver en manque de main-d’œuvre alors que les taux de radioactivité ne cessent d’augmenter.

Samedi (16h00)

Une pompe géante de 86 tonnes est actuellement transportée d’Atlanta, USA à Fukushima. Cette énorme machine, montée sur un camion de 26 roues, a été chargée dans un avion-cargo russe. En cas de besoin, elle sera capable de bétonner les réacteurs. Il semble que ce soit le moyen le plus simple de trouver une solution à moyen terme pour Fukushima.

De son côté Toshiba s’est proposée pour démanteler d’ici à 2020 la centrale nucléaire selon le quotidien financier japonais Nikkei. Toshiba n’a pas indiqué comment il allait recruter du personnel pour cette opération kamikaze ainsi que les coûts financiers relatifs.

Samedi 9 avril 2011 (12h00)

L’eau hautement radioactive qui avait été vidée dans la mer en début de semaine, continue à nouveau de monter dans le tunnel sous-terrain. Il ne serait pas étonnant que Tepco déverse son contenu dans le Pacifique. Un peu plus, un peu moins…

L’injection d’azote continue à Fukushima pour éviter une explosion d’hydrogène. Les choses évoluent très lentement pendant que la radioactivité, elle aussi, s’échappe… lentement et sûrement…

■Vendredi 16h00

Après le nouveau tremblement de terre d’hier, 3 lignes à haute tension ont été coupées à la centrale nucléaire d’Onagawa (100 km au nord de Fukushima). Afin de refroidir les 3 réacteurs, à l’arrêt depuis le 11 mars, les ingénieurs ont fait appel aux génératrices diesel de la centrale. Suite aux secousses, de l’eau de la piscine du réacteur 2 a débordé et plusieurs anomalies ont été découvertes dans les bâtiments des réacteurs sans que l’on en sache davantage.

La Chine s’inquiète des rejets d’eau radioactive de Fukushima et demande au Japon «de lui communiquer les informations sur ce sujet sans délai, dans leur intégralité et de façon exacte».

■ Vendredi 8 avril

Nous entrons dans la 4e semaine des 4 catastrophes nucléaires de Fukushima. Depuis le tremblement de terre du 11 mars, aucune route vers des solutions n’a été trouvée. La situation reste très critique, les réacteurs surchauffent toujours, les radiations s’échappent dans l’air et dans l’océan, et, dans la suite de cette constance, Tepco publie inlassablement des communiqués de joie et de bonne humeur sans risque pour la santé.

Suite à un nouveau tremblement de terre de 7,1 d’hier jeudi, la centrale de Fukushima n’aurait pas été plus lourdement endommagée. Par contre, des fuites d’eau ont été repérées à la centrale nucléaire d’Onagawa selon l’exploitant de la centrale, Tohoku Electric Power. De l’eau a débordé de la piscine de désactivation du réacteur 2 et 3 fuites ont été décelées dans le réacteur 3. Cette centrale comporte un total de 3 réacteurs. Elle avait pris feu lors du tremblement de terre le 11 mars et des fuites radioactives avaient été mesurées pendant quelques jours. Mais depuis, un silence radio pesant nous était parvenu depuis Onagawa.

■ Jeudi 7 avril (08h00)

Nouveau problème: dans le réacteur 1, les barres de combustibles sont seulement à moitié recouvertes d’eau, ce qui provoque une réaction chimique qui produit une grande production d’hydrogène et augmente les risques d’explosions.

Les techniciens ont débuté l’injection d’azote dans l’enceinte de confinement du réacteur 1. Pour l’instant, cette opération semble être un succès car la pression se stabilise. L’accumulation d’hydrogène dans le réacteur 1 peut provoquer une explosion identique à celles qui se sont produites les 12 et 14 mars dans les réacteurs 2 et 3. Cette opération pourrait durer 6 jours.

Le gouvernement japonais pourrait étendre la zone d’exclusion et l’étendre au-delà de 20-30 km actuels et suivre les recommandations de l’Agence de l’énergie nucléaire et Greenpeace. Actuellement, l’ordre d’évacuation est donné dès que les 50 millisieverts par année sont atteints. Le nouveau niveau d’exclusion serait atteint à 20 millisieverts par année.

Tepco confirme que des traces de plutonium-238 ont été trouvées à 500 mètres du réacteur. Selon Tepco, ce n’est pas dangereux pour l’homme.

Mercredi (13h00)

Suite à la bonne nouvelle du colmatage de la fuite, Tepco se trouve face à un nouveau problème: éviter que le réacteur 1 explose. Les ingénieurs veulent injecter de l’azote dans ce réacteur afin d’éviter une possible explosion provoquée par l’accumulation d’hydrogène. L’azote est utilisé pour faire chuter le taux d’oxygène et d’hydrogène.

Tepco est en train de chercher de nouveaux «liquidateurs» pour remplacer une partie des 600 employés qui se trouvent sur le site et qui dépassent les doses radioactives tolérées. Le profil indique: «50 ans et plus», ce qui souligne la dangerosité du travail. Le salaire proposé est de 84 euros par jour (Frs 100.--). Avant l’accident, une dose de radiation de 100 millisieverts, sur deux ans, était la norme. Depuis, cette limite a été montée à 250 millisieverts certainement pour limiter le nombre d’éventuelles demandes de reconnaissance en maladie professionnelle. Dans certains cas, la dose maximale était atteinte en 15 minutes par les liquidateurs.

■ Mercredi 6 avril (07h00)

Enfin une bonne nouvelle annoncée par Tepco. La fuite d’eau hautement radioactive du réacteur 2, qui se déversait dans l’océan Pacifique, a été colmatée. Les ingénieurs peuvent se focaliser sur le refroidissement des réacteurs 1, 2, 3 et 4.

Une grande quantité d’eau très contaminée s’échappait de cette fissure de 20 centimètres. Les techniciens n’étaient pas parvenus à la colmater, malgré des tentatives avec du ciment, puis d’un mélange de polymères, de papier journal et de sciure de bois. Hier, mardi, ils ont procédé à des forages en amont pour suivre la fuite et y injecter du verre soluble (silicate de sodium), un agent chimique qui a pour propriété de solidifier le sol. Cette fuite extrêmement radioactive a déversé d’importante quantité d’iode radioactif 131 et de césium dans le Pacifique.

Afin de créer de l’espace de stockage pour de l’eau fortement radioactive, Tepco continue de déverser, jusqu’à vendredi, 11 500 tonnes d’eau moyennement radioactive dans l’océan.

Mardi (12h30)

Tepco annonce un taux d’iode radioactif 131, de 7,5 millions fois supérieur à la limite légale mesurée dans l’océan Pacifique (300 000 becquerels). Les experts demandent que cette contamination importante cesse le plus rapidement possible.

Les employés de la Météorologique Japonaise ont reçu une notification du gouvernement leur demandant de s’abstenir de toute publication de prévision de propagation des nuages radioactifs dans l’atmosphère afin de ne pas provoquer de panique dans la population.

Le Gouvernement a fixé une toute nouvelle limite pour la contamination des poissons. Elle a été fixée à 2000 becquerels/kg pour l’iode 131 et de 500 becquerels pour le césium 137. Au delà, les poissons sont considérés comme impropres à la consommation et cancérigènes. Au vu des nouvelles limites dévoilées ce matin, il est probable que la nouvelle norme fixée ce matin puisse être révisée à la hausse.

Mardi (07h00)

Afin de tracer le cheminement de la fuite d’eau hautement radioactive du réacteur 2 qui se jette directement dans l’océan, les ingénieurs l’avaient colorée à la source avec une teinture blanche. Cependant, cette teinture n’est pas réapparue. Ainsi, les liquidateurs sont à la recherche de cette fuite. Il se pourrait qu’elle provienne d’un tuyau percé sous le réacteur 2.

Tepco envisage la création d’une digue afin de contenir et de limiter la dispersion de l’eau radioactive dans le Pacifique.

Le ministre de la Santé rapporte des taux élevés d’iode 131 dans certains poissons (4080 becquerels). Le ministre souligne que les quantités mesurées ne sont pas dangereuses pour l’homme. Son département va rapidement déterminer des standards maximaux d’iode 131 dans les poissons qui ne poseraient pas de problème pour l’homme.

■ Mardi 5 avril (05h30)

A la bourse de Tokyo, les actions de Tepco ont perdu 11% à 393 yens. Par rapport au plus haut des 12 derniers mois, l’opérateur de la centrale a vu dégringoler sa valorisation de plus de 85%.

■ Lundi (13h30)

Comme annoncé ce matin, Tepco vient d’annoncer que 10 000 tonnes d’eau stockées dans des cuves et 1500 tonnes actuellement dans les réacteurs 5 et 6 sont en train d’être déversées dans l’océan Pacifique. De plus, 300 tonnes d’eau contaminées vont être envoyées quotidiennement dans l’océan pendant cinq jours. Si dans quelque temps vous voyez des poissons qui volent et qui brillent la nuit, ne vous inquiétez pas, tout est normal.

Lundi (13h00)

Soyons francs. Actuellement, la situation à la centrale de Fukushima va de mal en pis. Quand de la lumière pointe au bout du tunnel, c’est pour voir arriver un autre train.

A la question posée hier, mais où Tepco va pouvoir stocker l’eau radioactive, l’évidente réponse est venue ce matin: l’opérateur de la centrale atomique va simplement rejeter, dans le Pacifique, 11 500 tonnes d’eau 100 fois plus radioactive que les normes légales. Cette opération a pour but de libérer de l’espace de stockage pour de l’eau encore plus contaminée. Selon Tepco, l’opération n’est pas dangereuse pour les poissons et les hommes! De là à dire que cette opération est un bienfait pour l’environnement, il n’y a qu’un tout petit pas, qu’ils n’ont pas encore osé franchir.

Concernant la fuite d’eau radioactive du réacteur 2, la situation n’est pas meilleure. Après, le ciment, le polymère, le papier et de la sciure, c’est maintenant une bâche en plastique qui va être testée. La priorité pour Tepco est de refroidir les réacteurs. L’eau radioactive qui se déverse dans l’océan n’est, pour l’instant, qu’un effet de bord.

■ Lundi 4 avril (07h00)

Le chaos et les ennuis ne cessent d’augmenter à la centrale nucléaire de Fukushima.

Samedi, Tepco a décelé une fissure dans la structure en béton du réacteur 2. Chaque heure, 7 tonnes d’eau fortement hautement radioactive se déversent directement dans le Pacifique. Du côté de la radioactivité, il suffit de 15 minutes pour dépasser une dose annuelle limite pour la santé.

Dimanche, pour tenter de colmater cette fissure, Tepco a d’abord utilisé, sans succès, du ciment. Ensuite, du polymère avec de la sciure et du papier ont été injectés, toujours sans succès.

Ce matin, un colorant est utilisé pour tracer le cheminement de l’eau. Ce nouveau problème s’ajoute au refroidissement des réacteurs 1,2 3 et de la piscine du réacteur 4 ainsi que la très forte radioactivité découverte dans la nappe phréatique sous les réacteurs.

Le décompte s’élève à 19 ouvriers décédés depuis la catastrophe. Six cents travailleurs se trouveraient sur le site.

Dimanche 3 avril

La fissure de 20 centimètres d’où s’écoule de l’eau hautement radioactive (1000 millisieverts par heure) n’a pu être colmatée avec du ciment. Ce dimanche, un polymère spécial ainsi que des papiers journaux et de la sciure ont été utilisés pour tenter de boucher la fuite qui se jette directement dans le Pacifique. Les résultats ne sont pas concluants.

C’est ahurissant de voir les similitudes entre BP, lors de la marée noire du Golfe du Mexique, et Tepco. Même impuissance face à la catastrophe, même improvisation et même communication qui cache la réalité des faits.

Une plate-forme flottante de 136 mètres de long et 46 mètres de large devrait arriver dans les prochains jours. Ses réservoirs d’une capacité de 10 000 tonnes pourraient évacuer l’eau contaminée, mais pour la mettre où? La réponse devrait suivre dans quelques jours.

Tepco a annoncé qu’il faudra sans doute encore «plusieurs mois» pour parvenir à stabiliser la situation.

Samedi 2 avril (17h00)

Tepco, l’opérateur de la centrale nucléaire de Fukushima Dai-Ichi, a annoncé la découverte d’une fissure sur une structure en béton du réacteur n° 2. De l’eau radioactive s’échappe dans la mer à des niveaux très élevés soit 1000 millisieverts par heure. La limite pour un ouvrier est de 250 millisieverts pour une année. Ainsi en 15 minutes, un ouvrier reçoit une dose dangereuse pour sa santé.

Après avoir renoncé à visiter la centrale Nucléaire depuis le début de la catastrophe, le Premier ministre japonais, Naoto Kan, a visité pour la première fois le nord-est du Japon dévasté par le séisme et le tsunami, avant de se rendre près de la centrale accidentée de Fukushima.

Samedi 2 avril (07h00)

A 15 mètres sous le réacteur 1, du plutonium a été décelé dans une nappe d’eau. La radiation est 10 000 supérieure aux limites.

400 litres de résine spéciale sont utilisés autour du réacteur 4 afin d’éviter que les particules radioactives ne s’échappent dans l’air. Cette nouvelle technique est en train d’être expérimentée. Ca ressemble toujours de plus en plus au bricolage de BP lors de l’explosion de Deepwater l’année passée.

Deux des trois plus grandes pompes à eau et à ciment du monde vont être envoyées à Fukushima par la firme allemande Putzmeister. C’est ce type de pompe qui avait été utilisée à Tchernobyl pour cimenter le réacteur. Ces méga-machines armées d’un bras flexible s’élèvent jusqu’à 70 mètres de haut, pour déverser de l’eau ou du ciment. Ces énormes bras sont montés sur des camions de 80 tonnes. Dernier détail: ils sont opérables de façon télécommandée jusqu’à 2 km.

Vendredi (12h30)

Après le lait, les salades, les épinards, c’est au tour de la viande de bœuf d’être contaminée par des doses radioactives de césium supérieures aux limites légales. Au niveau des épinards, la dose radioactive dépasse de 4 x la limite légale.

L’Agence nucléaire japonaise condamne Tepco pour la manière dont le propriétaire de Fukushima s’occupe des employés de la centrale. Ces 400 kamikazes, qui donnent leur vie pour sauver le Japon, reçoivent des équipements de protections insuffisants et tous les employés n’ont pas un détecteur de radioactivité comme l’exige la loi.

Tepco a annoncé avoir reçu l’accord de plusieurs banques afin de recevoir des prêts totalisant 17 milliards d’euros pour financer la catastrophe à court terme. Il est possible que le gouvernement japonais soit également obligé de mettre la main à la poche pour aider l’entreprise électrique.

Certains experts se demandent pourquoi les mesures de radioactivités sont uniquement délivrées par Tepco. Ils demandent au gouvernement japonais de réaliser des mesures indépendantes. Il n’y a pas si longtemps, les USA se trouvaient dans la même situation que le Japon dans sa marée noire du Golfe du Mexique. BP délivra des chiffres outrageusement bas avant que la Maison-Blanche ne prenne les choses en main et révèle l’ampleur de la catastrophe.

Vendredi 1er avril (07h30)

Troisième semaine après le tremblement de terre et très peu de progrès ces derniers jours. Bien au contraire, la contamination radioactive ne cesse d’augmenter et pulvérise les limites légales autant dans l’air que dans la mer.

Dans la zone contaminée de Fukushima, la police a répertorié la présence des corps de 1000 personnes décédées et laissées sur place, en l’état, après le tremblement de terre et le tsunami. Leurs dépouilles mortelles n’ont pas été sorties de la zone contaminée, par peur des radiations.

Quelque 140 spécialistes militaires américains en radiations nucléaires vont être prochainement dépêchés au Japon pour aider les Japonais à trouver une solution pour contenir une partie des radiations.

De l’iode radioactif 131 et du césium ont été découverts dans une nappe d’eau située à 15 mètres sous le réacteur n° 1. Un échantillon prélevé mercredi révèle un taux de 430 becquerels par cm3. Ce niveau est 10 000 fois supérieur à la norme légale. Dans l’eau, l’iode 131 se dissipe en 8 jours, le césium a besoin de 300 ans et le plutonium de 24 000 ans.

CORRECTIF

Un internaute nous signale (08.04.2011):

«Il est écrit: Dans l’eau, l’iode 131 se dissipe en 8 jours, le césium a besoin de 300 ans et le plutonium de 24 000 ans.

Ceci est faux. Ce n’est que la moitié qui est dissipée après 8 jours, 300 ans et 24 000 ans.

Pour l’iode 131, il faut 10 x 8 jours pour réduire d’un facture 2^10 = 1024. (10 x la moitié)

Pour le plutonium (isotope 239) il faut 240 000 ans pour arriver au même résultat.

(On parle en demi-vies)

D’ici à 2030, 14 nouvelles centrales nucléaires étaient prévues au Japon. Cet élément explique, en partie, la visite à Tokyo, du représentant de luxe du nucléaire français, le président Sarkozy. Mais de plus en plus d’hommes politiques japonais ainsi que l’opinion publique demande un arrêt du nucléaire.

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