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L’Open Data réinvente le marché des applications mobiles

L’exploitation des données publiques produites par les administrations et les entreprises génère de nouveaux services téléchargeables sur iPhone, iPad et Android

Comment l’Open Data facilite notre vie

Innovation L’exploitation des données publiques génère de nouveaux services utilisables sur smartphones, via des applications ou via le Web

Quelles sont les pharmacies ouvertes dans un rayon de 2 kilomètres? A Genève, le prochain bus TPG sera-t-il bondé? Où trouver les meilleures places de jeux dans ma ville en fonction de l’âge de mes enfants? Les réponses se nichent gratuitement au cœur de votre smartphone. Depuis peu, le marché des applications mobiles vit une petite révolution grâce à l’Open Data. L’exploitation des données produites par les administrations publiques – et un nombre croissant d’entreprises – génère de nouveaux services téléchargeables sous forme d’applications web et mobiles. Petite sélection des apps suisses et étrangères nées des données ouvertes.

Mobilité et transports

Au mois de septembre 2013, les TPG inauguraient leur plateforme Open Data. Pour accompagner ce lancement, l’entreprise – en partenariat avec Lift – a lancé un concours en défiant les participants de réinventer la mobilité à Genève. Parmi les seize projets retenus, trois ont été primés dont ­celui de Clément Beffa. Cet ingénieur EPFL a développé «Parcours», une application iPhone gratuite. Elle indique les départs des véhicules en temps réel sur un parcours déterminé à l’avance sur le réseau TPG, transbordements inclus. «Parcours» renseigne aussi sur le temps à disposition pour passer d’un véhicule à l’autre. Autre projet primé: «UnCrowd­TPG», une application prototype pour Android. Elle permettra à l’avenir de connaître le taux de charge d’un véhicule TPG, et d’éviter ainsi les bus et trams bondés.

Ailleurs en Suisse, et hors concours TPG, on mentionnera «Departures Switzerland». Cette application pour iPhone et iPad indique les horaires de départ de tous les transports publics du pays (trains, trams, bus, bateaux, téléphériques) dans un aperçu 3D. L’app indique en direct les retards et changements de voie. Elle signale les bus et trams surbaissés pour les personnes handicapées. Prix du téléchargement: 2 francs.

La mobilité intéresse décidément Apple. La firme de Cupertino a acquis en juin dernier la start-up californienne Embark et son application gratuite éponyme. Cette app propose les mêmes services que «Departures Switzerland», mais appliqués aux pendulaires d’une douzaine de grandes villes américaines.

Santé et environnement

Avec Genève, Zurich fait figure de pionnière de l’Open Data. Depuis six mois, la ville innove avec des applications web et mobiles grâce à son portail de données complet. A l’instar d’«Entsorgung Züri App» sur Android. Cette app incite les habitants à mieux trier et éliminer leurs déchets ménagers, organiques et textiles. En la téléchargeant, les Zurichois obtiennent entre autres des informations sur les lieux de collecte, les dates de ramassage et la manière d’éliminer au mieux les déchets par type. La géolocalisation indique à l’usager la déchetterie la plus proche et le meilleur moyen pour s’y rendre.

Dans un autre registre, «Instacare» géolocalise l’ensemble des lieux de santé (hôpitaux, pharmacies, médecins de garde, centres médico-sociaux) dans un rayon de 2 km autour de l’utilisateur. Elaborée par des ingénieurs romands, cette application iPhone est encore en développement. A l’avenir, elle permettra de filtrer le contenu selon les besoins de l’usager, et d’obtenir des informations précises sur les lieux de santé sélectionnés: horaires d’ouverture, spécialisation des praticiens…

L’application web (version bêta) «myGenerics» offre un accès rapide à l’ensemble des génériques disponibles pour un médicament et remboursés par l’assurance maladie. L’équipe de développeurs suisses a exploité le système de classification anatomique, thérapeutique et chimique (ATC) utilisé pour classer les médicaments. En fonction de cet identifiant, l’application liste les produits alternatifs d’autres fabricants, souvent moins chers.

Loisirs et services

Finies les querelles en haut des pistes sur le nom des montagnes. Depuis 2010, l’application mobile «PeakFinder» s’en charge. Cette app indique le nom de toutes les montagnes à l’aide d’un affichage panoramique de 360°. Pour ce faire, elle exploite le répertoire des données sur les sommets agrégées sur O penstreetmap.org, soit le Wikipédia de la cartographie en ligne. Une application open source ouverte aux utilisateurs. Elle est disponible pour iPhone, Android et Nokia Symbian. La version alpine coûte 4 francs, tout comme la version rocheuse.

Au rayon détente, trois développeurs suisses ont réutilisé les données ouvertes disponibles sur le nouveau portail data du système d’information du territoire de Genève (SITG). Ils ont créé une application iPhone qui informe sur les meilleurs lieux où faire une sieste à Genève. «NapMap», c’est son nom, répertorie les bons coins selon plusieurs critères: bruits, zones vertes ou agricoles, pollution, chiens interdits. L’app est encore en développement.

Grâce à l’application iPhone et iPad «PlayZone», les parents géolocalisent les meilleures aires de jeux de leurs villes en fonction de l’âge des enfants et de leurs envies du moment. L’app est dotée d’une fonction sociale. Les familles peuvent en informer d’autres qu’elles se trouvent dans telle ou telle aire de jeux, et ainsi organiser des rencontres. En Suisse, «PlayZone» est uniquement disponible pour Zurich. Prix: 2 francs.

Sécurité

Toujours à Zurich, la Ville a mis sur pied «ZüriCrime», soit une application web répertoriant le taux de criminalité par quartier, et par type de délit. Cette app s’inspire en partie du service web et mobile développé par la police britannique: «CrimeStatistics». Cette application visualise les données statistiques de criminalité au Royaume-Uni par ville et par quartier. Mais aussi leur évolution. Elle offre surtout un service permettant aux utilisateurs de signaler en temps réel un crime ou une incivilité, et d’obtenir les noms, ainsi que le numéro de téléphone de l’équipe de police la plus proche.

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