revue de presse DOMINICALE

Geri Müller, spéculations sur un complot politique

La presse dominicale alémanique revient encore largement sur l’affaire des sexting. Selon la coprésidente des Verts, Regula Rytz, les photos nues du conseiller national et maire de Baden (AG) ne justifient pas une démission. Cette affaire ne ternit pas la réputation du parti

«Le Gerigate», une histoire de désir, de déception et d’intrigue politique ». La SonntagsZeitung résume par cette formule l’affaire qui tient en haleine les médias alémaniques depuis une semaine. Ce dimanche, la presse dominicale revient encore avec moult détails, mais aussi beaucoup d’interrogations sur la relation érotique par messages électroniques entre le maire de Baden – pour l’instant suspendu de ses fonctions – et sa jeune partenaire.

Au-delà des sexting, les articles se concentrent sur l’arrière cuisine de ce scandale et les soupçons d’une cabale politique, voire d’une conspiration. La SonntagsZeitung raconte que depuis des mois, des rédacteurs avaient connaissance d’une enquête menée par un détective privé sur les liens de Geri Müller avec les milieux pro-palestiniens et cherchait – sans succès – à savoir si le conseiller national vert argovien pouvait avoir des contacts avec de possibles groupes terroristes liés au Hamas. Le journal ne dit rien du commanditaire de cette enquête.

Soupçons d’instrumentalisation

L’hebdomadaire revient également sur les relations entre la jeune femme et deux hommes, dont la presse alémanique a commencé à révéler le rôle cette semaine, le conseiller en relations publique, Sacha Wigdorovits, qui lui aurait, selon la SonntagsZeitung et le Matin Dimanche, «fournit le contact de plusieurs rédacteurs en chef», ainsi que Josef Bollag, le président de la communauté juive de Baden. Lors de son interrogatoire, la partenaire de chat de Geri Müller a expliqué qu’elle s’était «sentie mise sous pression» et «avait eu peur». Des propos que les deux hommes démentent.

Toujours dans la SonntagsZeitung, ils déclarent avoir reçu des menaces de mort depuis que la jeune femme et Geri Müller tentent, selon leurs mots, de « se faire passer pour les victimes d’une conspiration juive ». La Schweiz am Sonntag, qui a sorti l’affaire la semaine dernière, apporte une précision supplémentaire : des menaces d’attentat ont été proférées contre la synagogue de Baden. Avertie, la police cantonale a renforcé la sécurité autour de la synagogue.

Politique de l’autruche

Dans un registre plus politique, le SonntagsBlick s’étonne que «les Verts suisses se cachent la tête dans le sable». Lors de l’assemblée des délégués de samedi, ils «ont fait comme s’il ne se passait rien», ironise le journal. Leur présidente Regula Rytz continue à soutenir Geri Müller. Elle estime «qu’il s’est excusé», ce qui était «important» pour le parti et donc qu’il n’y a pas motif à démission. Estimant «l’histoire terminée», elle porte le débat sur le terrain éthique et regrette la « publication de texte et de photos d’ordre privés.»

Alliance pour sauver la libre circulation

Politique encore, cette information de la SonntagsZeitung sur une possible alliance entre le PBD, le PDC et le PS «pour sauver les relations bilatérales de la Suisse avec l’Union européenne.» Les trois partis tentent de mettre au point une solution alternative à celle du Conseil fédéral pour appliquer l’initiative de l’UDC contre l’immigration de masse, adoptée le 9 février dernier. L’idée serait de parvenir à conserver une forme de libre circulation avec les pays de l’Union et d’appliquer des contingents uniquement pour les états tiers.

De son côté, Le Matin Dimanche publie le témoignage d’un ancien employé de la BCV, «qui fait partie des 200 banquiers dont le nom devrait être transmis aux Etats-Unis». Or il affirme «n’avoir jamais vu de sa vie un passeport américain», car il était conseiller dans la division PME et non en charge de clients américains. Faute d’action groupée et en raison du coût des démarches juridiques, l’ex-banquier ne sait pas comment il pourra se défendre.

Enfin, un sujet très helvétique fait la Une de la NZZ am Sonntag : le journal déplore que pour des raisons de prix, la Suisse importe depuis peu davantage de fromage qu’elle n’en exporte. Switzerland Cheese Marketing se plaint que les fromages bon marché soient commercialisés surtout en tant que produits manufacturés et gagnent les restaurants, où les consommateurs ne les voient pas et où le prix revêt une importance primordiale.

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