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Sale temps pour McDonald's en Europe

La multinationale du fastfood est accusée d’abus de position dominante

Dans son best-seller Tête de turc, le journaliste allemand Günther Walraff avait dénoncé les conditions de travail chez McDonald’s. Il s’était fait embaucher par le géant américain du fast-food et avait livré son témoignage qui avait dévoilé la face cachée de la multinationale. C’était en 1985.

Trois décennies plus tard, McDonald’s est toujours dans le collimateur. Le groupe ne cesse de faire l’objet de plaintes ou de campagnes de dénonciations. Surtout aux Etats-Unis où des syndicats dénoncent les conditions de travail. Ce mouvement a maintenant atteint l’Europe.

Une plainte auprès de la Commission

Trois associations italiennes de consommateurs viennent de déposer une plainte contre la multinationale auprès de la Commission européenne, l’accusant d’abus de position dominante. Le groupe compte 8000 restaurants dans le continent, emploie quelque 400 000 travailleurs et a généré 18 milliards d’euros de chiffres d’affaires en 2014. L’an dernier, 40% des revenus totaux ont été dégagés dans le continent. L’entreprise imposerait des contrats abusifs à ses franchisés, notamment des loyers prohibitifs. Selon les plaignants, le loyer représente 66% du revenu provenant des franchisés, un taux largement plus élevé que chez les concurrents.

Critique à Paris aussi

Le mois dernier à Paris, une plainte a été déposée contre McDonald’s ouest parisien (16 restaurants et 900 salariés) pour blanchiment, fraude fiscale et abus des biens sociaux. Le syndicat CGT relève que l’entreprise refuse toute hausse salariale sous prétexte qu’elle est déficitaire. Or selon lui, celle-ci a mis en place tout un montage financier qui lui permet de transférer les bénéfices à d’autres sociétés du groupe et d’éviter ainsi de montrer des profits. Pas de profit, pas d’impôts et pas d’augmentation de salaires!

La multinationale n’est pas étrangère en matière d’optimisation fiscale. A présent, elle fait l’objet d’une enquête au Luxembourg où grâce à des arrangements avec les services fiscaux, elle n’a payé quasiment pas d’impôt depuis 2009.

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