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Quand un ancien élu UDC propose d'ouvrir des camps et d'offrir du saucisson de porc aux petits délinquants

Ex-conseiller municipal de la Ville de Genève, il s'insurge de l'incapacité du canton à pouvoir renvoyer ceux qui commettent des «petits délits». Ses propos relancent le débat de la nature publique des discours tenus sur les réseaux sociaux

À la question de savoir s’il était humainement possible de faire mieux que le premier citoyen de la Ville de Genève, le MCG Carlos Medeiros qui avait affublé son collègue socialiste sur Facebook de «branleur» tout en lui décernant «le Prix Nobel des trous du c...», la réponse est: oui.

Peu avant minuit ce mercredi à l’issue de la séance du Conseil municipal, un ex-élu UDC s’est fendu d’une proposition tellement nourrie d’intelligence et de finesse que cinq de ses amis numériques se sont empressés d’approuver. La voici in extenso: «La plupart des petits délits commis à Genève le seraient par des gens que l’on ne peut pas expulser mais qui sont interdits de séjour. La mascarade a assez duré. Ouvrons des camps et rations de survie comme à l’armée. Comme viande une fois par mois, un bon saucisson de porc. Si ils veulent quitter le camp, pas de problème, on les laisse quitter le pays.»

L’absence relative de fautes d’orthographe et de grammaire innocente indubitablement l’auteur de cette proposition d’un quelconque abus d’alcool, pourtant très prisé à droite de l’hémicycle. Il n’est pas rare, en effet, pour tout observateur attentif des activités de la buvette, de constater que quelques minutes d’inattention ou de soulagement dans la salle d’eau suffisent à la précieuse fiole d’Abricotine pour rendre son dernier souffle.

Certains appelleront sûrement à une sanction. De l’autorité cantonale? En vain. Le gouvernement genevois l’a rappelé lundi: «L’autorité de surveillance des communes ne dispose pas de compétence disciplinaire à l’encontre de membres d’un conseil municipal». De la justice? Il paraît peu probable que la seule évocation du critère porcin de la saucisse ne tombe sous le coup de l’article 261 bis du Code pénal. De surcroît, l’article stipule que l’incitation «à la haine ou à la discrimination envers une personne […] en raison de leur appartenance raciale, ethnique ou religieuse» doit être tenue «publiquement». L’auteur des propos et ses 266 amis constituent-ils un réseau suffisamment nombreux pour être considéré comme étant public? Je n’en sais rien. C’est d’ailleurs ce qui explique l’absence de son identité dans ces présentes lignes.

Enfin… Avant qu’il ne fût rappelé à ma mémoire que l’intéressé avait eu en ses mains des compétences que je n’avais pas. Celle d’édicter des règlements, de valider des budgets ou encore de supprimer des subventions. Ces privilèges ne seraient-ils pas réservés à ce que l’on appelle un élu? Je devrais peut-être poser la question à l'ancien conseiller municipal Marc-André Rudaz.

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