Digitale attitude

Une série policière en épisodes de 15 secondes sur Instagram

Ces formats raccourcis, qui permettent de visionner des films sur un smartphone, font resurgir nos inquiétudes sur l’influence des nouvelles technologies sur notre pouvoir de concentration

Shield5, une nouvelle série policière diffusée quotidiennement, vient de démarrer sur le site de partage Instagram (shiedlfive). Chaque séquence dure 15 secondes. Les premiers épisodes mettent en scène un homme blessé par balle, une explosion, une femme dans un lit ou encore un enterrement. Les dialogues sont brefs et, pour mieux comprendre l’action et la nature des personnages, une fiche accompagne chaque clip, qui apporte des précisions complémentaires.

Ces mini-métrages d’une durée de quelques secondes sont devenus un art visuel à part entière. Le Festival du film Tribeca de New York et le TropFest de Sydney – le plus important consacré au film court – ont tous deux introduit une catégorie dédiée aux vidéos de six secondes.

Ces formats raccourcis, qui permettent de visionner des films sur un smartphone, font resurgir nos inquiétudes sur l’influence des nouvelles technologies sur notre pouvoir de concentration. Faut-il saluer la prouesse du mini métrage, ou la déplorer comme une conséquence des nouvelles technologies sur notre capacité à fixer notre attention?

Un malaise...

Selon une étude publiée par Microsoft l’an passé, en 2000, la durée d’attention moyenne d’un être humain était estimée à 12 secondes, Quinze ans plus tard, selon Microsoft, «elle n’est plus que de huit secondes, soit une seconde de moins que celle d'un poisson rouge».

Une conclusion qui est venu renforcer un malaise déjà installé depuis 2008, lorsque Nicholas Carr, dans un article devenu célèbre publié dans The Atlantic intitulé «Is Google Making Us Stupid?», avait émis l’hypothèse qu’Internet pouvait avoir des effets nuisibles sur nos cerveaux, en diminuant notre pouvoir de concentration et notre capacité à développer une réflexion profonde.

Plus accablant encore, la structure de nos cerveaux serait en train de se modifier, selon une étude de neuroscientifiques de l’Université du Sussex. Ils ont constaté une diminution de la matière grise chez les personnes utilisant simultanément téléphones, tablettes, et ordinateurs.

Mais plutôt que de déplorer nos cerveaux sur-numérisés, rendons hommage à cette nouvelle forme de cinéma. Car il n’y a pas d'exercice plus difficile que d’être court, clair et concis.

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