Opinion

Les victimes d’abord

L’initiative de l’UDC est nécessaire pour renvoyer systématiquement des criminels étranges auxquels, sans cela, les juges trouveraient toutes sortes d’excuses pour justifier qu’ils restent en Suisse, estime la conseillère nationale Céline Amaudruz (UDC/GE)

Pour moi, être favorable à cette initiative est une évidence. Lorsque nous avons vu dans quelle direction le Conseil fédéral et le Parlement s’engageaient suite à l’acceptation de notre premier texte par le peuple et les cantons, nous avons compris qu’une fois de plus les autorités corrigeraient dans la loi d’application ce qui leur déplaisait dans le texte, à savoir notamment le principe même de l’expulsion. Berne a ainsi cherché à contourner la volonté populaire tout en faisant croire qu’elle était respectée.

Constatant que le but ne serait pas atteint et pour ne pas perdre de temps, nous avons lancé la présente initiative qui se veut plus précise et plus contraignante afin d’éviter que la latitude laissée aux uns et aux autres ne soit de nouveau utilisée au bénéfice des auteurs et non des victimes. Le moins que l’on puisse dire, c’est que nous avons eu fin nez. Le texte concocté dans les éprouvettes fumantes du Palais fédéral précise toute une série de crimes et délits entraînant une expulsion, SAUF dans les cas de rigueur, donc en principe exceptionnels. Le diable se cache dans les détails et on peut compter sur la magistrature pour montrer son indépendance et trouver toutes les arguties juridiques visant à faire bénéficier les criminels étrangers du fameux cas de rigueur qui leur permettra de rester en Suisse et d’y poursuivre leurs funestes activités.

Légèreté judiciaire

Certes, cette même magistrature et d’autres avec elle crient déjà à la violation de la séparation des pouvoirs. On constate immédiatement l’état d’esprit qui règne dans les prétoires, notre justice ne tient en aucun cas à se plier aux souhaits du législateur, c’est-à-dire en dernier lieu le peuple dans notre système de démocratie directe. Les exemples ne manquent d’ailleurs pas s’agissant de la créativité judiciaire. Le Tribunal fédéral a réussi notamment à éviter l’internement à vie du plus dangereux délinquant sexuel de Suisse, Markus W., estimant que le fait de droguer les victimes au préalable ne rendait plus l’acte suffisamment grave pour motiver une telle mesure. Les victimes ont dû apprécier. Pour nous, cette légèreté judiciaire doit cesser. Nous devons non plus nous préoccuper systématiquement du sort des criminels mais bien du sort des personnes à qui ils s’en sont pris.

Il ne nous paraît en aucun cas tolérable qu’un délinquant puisse exciper de ne pas être expulsé en avançant n’importe quelle circonstance prétendument exceptionnelle. Ces excuses systématiques, enfance malheureuse, différences culturelles, retour au pays problématique ne doivent désormais plus permettre à nos hôtes turbulents de récidiver en toute quiétude.

Pas de juges étrangers

S’agissant du texte proprement dit, il risquerait de contrarier l’Union européenne! Il nous semble que nous devons étudier la situation en priorité de notre point de vue et non de celui de Bruxelles. Rappelons que les eurocrates nous avaient promis plus de liberté et de sécurité avec Schengen-Dublin, on en constate depuis un certain temps déjà l’efficacité. Nous refusons de nous tirer une balle dans le pied pour complaire à des commissaires non-élus affairés à défendre leurs scandaleuses prébendes. Pas de juges étrangers dans nos vallées, a-t-on dit il y a bien longtemps déjà, ces mots restent d’actualité. La sécurité dans nos rues ne sera assurée que par la volonté politique que nous y consacrerons et l’UDC le fait de manière rigoureuse, contrairement aux opposants qui militent pour une sécurité cosmétique, à savoir sur le papier uniquement.

Ultime argument qui montre que le texte élaboré à Berne n’aura aucune efficacité s’agissant des expulsions, on entend certains socialistes en dire du bien.

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