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Un nouveau Swissnex pour innover avec le Brésil

Une antenne du réseau suisse de promotion de l’innovation Swissnex a ouvert ses portes récemment à Rio de Janeiro. Le pays offre de belles opportunités, d’après sa directrice

«Le Brésil est prioritaire pour les collaborations scientifiques suisses»

Recherche Une antenne Swissnex,le réseau nationalde promotion de l’innovation, a ouvert il y a peu au Brésil

Selon sa directrice, Gioia Deucher,le pays offre de belles opportunités

Il a voulu profiter de l’exposition offerte par la Coupe du monde de football pour faire connaître ses recherches: le neurobiologiste brésilien Miguel Nicolelis, de l’Université américaine Duke, a équipé un paraplégique d’un exosquelette motorisé contrôlable par la pensée. Grâce à cet équipement développé en collaboration avec l’EPFL dans le cadre du projet «Walk Again», le jeune homme paralysé a été capable de shooter dans un ballon lors de la cérémonie d’ouverture du Mondial, le 12 juin. Cet événement est l’un des rares où la science brésilienne s’est trouvée sur le devant de la scène.

«Mais dans ce pays en pleine croissance, la recherche devrait à l’avenir offrir de nouvelles opportunités», estime Gioia Deucher , directrice du Swissnex au Brésil. Après Boston, San Francisco, Bangalore, Singapour et Shang­hai, la nouvelle antenne du réseau suisse de promotion de l’innovation a ouvert ses portes à Rio de Janeiro au mois d’avril. Gérés par le Secrétariat d’Etat à la formation, à la recherche et à l’innovation, les Swissnex ont pour tâche de susciter des collaborations entre les chercheurs, entrepreneurs et artistes de Suisse et des pays hôtes.

Le Temps: Pourquoi un nouveau Swissnex au Brésil?

Gioia Deucher: Le Brésil fait partie des pays prioritaires pour la collaboration scientifique suisse. Depuis 2009, il existe un accord de coopération bilatéral entre les deux pays. A l’origine centré sur quatre thématiques – énergie, environnement, santé et neurosciences – il a été étendu aux sciences humaines et aux technologies de l’information à l’occasion de la prolongation de l’accord en juin. L’Afrique du Sud et la Russie, avec qui la Suisse entretient aussi des relations scientifiques, constituaient d’autres pays possibles pour créer cette nouvelle antenne. Mais les opportunités de collaboration se sont avérées plus nombreuses au Brésil. Et l’attention dont bénéficie le pays avec l’organisation de la Coupe du monde de football et bientôt des Jeux olympiques a aussi joué un rôle.

– En quoi l’innovation brésilienne peut-elle intéresser la Suisse?

– La Suisse est globalement beaucoup plus avancée que le Brésil en matière de recherche. Mais le pays possède des points forts, notamment dans le domaine de la santé, des biotechnologies et de la biodiversité. Son institut de recherche biomédicale Fiocruz, notamment, est reconnu au niveau mondial. C’est aussi le cas de ses compétences en aéronautique. Enfin, il existe dans le nord du Brésil un important centre de compétences en neuro­sciences. C’est dans cette région que se trouve le laboratoire de Miguel Nicolelis. Il me semble important pour la Suisse de se positionner dans le paysage scientifique brésilien, afin de bénéficier des avancées à venir dans ces différents domaines.

– A quels défis la recherche au Brésil doit-elle faire face?

– Un des principaux problèmes est celui des inégalités sociales. Il est très difficile pour les personnes des milieux modestes de parvenir jusqu’à l’université. D’une manière générale, le pays manque de personnel qualifié. Mais en même temps, les autorités rechignent à importer des talents et mènent une politique très protectionniste sur le marché du travail.

– Quel est votre bilan après trois mois de fonctionnement?

– Nous avons commencé à organiser des activités, comme une «semaine de la science», qui s’est tenue à la Maison suisse de la Coupe du monde à Rio, avec des activités pour les enfants. Actuellement, tout est à l’arrêt à cause du Mondial. Par la suite, nous projetons une étude neurologique sur l’activité cérébrale des acteurs qui jouent des rôles émotionnels, en collaboration avec une école d’art. Nous serons aussi partenaires d’une compétition de football entre robots qui se tiendra au Brésil en septembre et à laquelle l’EPF de Zurich est associée. Enfin, nous prévoyons de faire venir le bateau solaire suisse PlanetSolar au Brésil et de concevoir des activités autour de la tournée en Amérique du Sud du chorégraphe suisse Gilles Jobin, qui a collaboré avec le CERN. Selon nos statuts, chacun de ces projets doit être financé aux deux tiers par des partenaires externes, ce qui implique un travail de fond pour tisser des liens et établir des collaborations.

– Avez-vous un lien personnel avec le Brésil?

– C’est un pays qui m’a attirée très jeune à cause de sa musique, surtout la bossa-nova. Je suis venue y passer plusieurs mois après le gymnase et j’ai appris le portugais. Pour moi, c’était assez naturel de prendre la tête de ce nouveau Swissnex.

«Il est important pour la Suisse de se positionner dans le paysage scientifique brésilien»

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