santé publique

L’épidémie Ebola a tué plus de 10 000 personnes

Le bilan d’un an de fièvre Ebola d en Afrique de l’Ouest dépasse désormais les 10 000 morts, selon les derniers chiffres de l’Organisation mondiale de la santé. Des chercheurs alertent par ailleurs sur une conséquence de l’épidémie: les cas de rougeole pourraient grimper en flèche

Au total, dans 9 pays concernés, 24 350 personnes ont été affectées par cette épidémie et 10 004 personnes sont mortes, selon le bilan de l’OMS.

La Guinée, la Sierra Leone et le Liberia sont les trois pays d’Afrique de l’Ouest les plus touchés.

La Sierra Leone comptabilise 11 667 personnes contaminées, dont 3 655 mortellement, tandis que la Guinée recense 3 330 personnes affectées, dont 2 187 mortes.

Le Liberia est le pays le plus touché : on y dénombre 4 162 morts sur 9 343 cas de contamination. Ce pays n’a enregistré aucun nouveau cas d’Ebola depuis deux semaines, a annoncé mercredi l’OMS.

Malgré un pic d’épidémie il y a six mois avec 300 nouveaux cas décelés toutes les semaines, la baisse du nombre de nouveaux cas ces dernières semaines avait fait naître l’optimisme dans la communauté médicale et internationale mobilisée dans la lutte contre l’épidémie.

La rougeole revient en force

L’épidémie d’Ebola dans les trois pays d’Afrique de l’Ouest les plus touchés risque de faire exploser les cas de rougeole et la mortalité infantile, ont alerté des experts jeudi à Washington. En cause: la baisse des vaccinations.

Il pourrait ainsi y avoir 100’000 cas supplémentaires de rougeole, soit 227’000 cas au total, au Liberia, en Sierra Leone et en Guinée, 18 mois après le début de l’épidémie d’Ebola, estiment ces chercheurs. Leur étude a été publiée jeudi dans la revue américaine Science.

Cette situation pourrait se traduire par 5000 décès supplémentaires dus à la rougeole. Ce nombre pourrait potentiellement atteindre les 16’000, soit un peu moins du double de la mortalité due à Ebola.

«Les effets secondaires d’Ebola à la fois sur les taux d’infection de rougeole et d’autres maladies infantiles peuvent être aussi dévastateurs en vies humaines», craint Justin Lessler. Ce professeur à la faculté de santé publique de l’université Johns Hopkins est le principal auteur de ces travaux.

Il souligne qu’il est «assez simple et peu coûteux de sauver de nombreuses vies en redémarrant des campagnes de vaccination». Cet accroissement supposé des cas de rougeole serait la conséquence de l’interruption des programmes d’immunisation des enfants dans les trois pays dont les systèmes de santé ont été submergés par Ebola, insistent les chercheurs.

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