Météo

2016 commence avec une météo extrême

Alors que l’Arctique connaît une température au-dessus de zéro, les tornades secouent des Etats américains, et l’Australie connaît de fortes chaleurs

Mercure au-dessus de zéro au pôle Nord, tornades meurtrières au Texas, fortes chaleurs en Australie, inondations au Royaume-Uni et dans le Missouri: le monde entre dans l’année 2016 perturbé par des événements météo extrêmes.

Les températures au pôle Nord sont anormalement douces. Comprises entre 0 et 2 degrés Celsius, elles sont supérieures d’au moins 20 degrés aux normales saisonnières, en raison d’une puissante et violente dépression qui affecte l’Atlantique nord.

L’Arctique est la région du globe la plus affectée par le réchauffement climatique, avec des températures dorénavant supérieures de trois degrés minimum par rapport à l’ère préindustrielle.

«Ne pas se baser sur une anomalie»

Mais il serait toutefois prématuré de lier uniquement ces températures douces au réchauffement, a mis en garde Natalie Hasell, météorologue au ministère canadien de l’Environnement, notant que les scientifiques ne basaient pas leurs conclusions «sur une seule anomalie».

La dépression qui affecte l’Atlantique nord a également entraîné un Noël exceptionnellement chaud à l’est du Canada (15,9 degrés Celsius le 24 décembre à Montréal pour des moyennes souvent proches des -10 degrés habituellement). Ensuite, d’importantes chutes de neige se sont abattues sur la moitié est du pays.

49 morts aux Etats-Unis

Aux États-Unis, tornades et inondations ont fait au moins 49 morts. Au centre du pays, les eaux de la puissante rivière Mississippi ont déjà dépassé de quatre mètres le niveau de débordement en certains points, coûtant la vie à 13 personnes. Ce week-end, de spectaculaires tornades ont dévasté une partie du Texas (sud).

Ces épisodes météorologiques sont dus au phénomène El Niño particulièrement puissant cette année, qui s’ajoute au réchauffement climatique, selon les scientifiques.

El Niño est un phénomène naturel mais l’épisode de 2015 est «probablement le plus puissant depuis les 100 dernières années», souligne Jérôme Lecou, ingénieur prévisionniste à Météo-France.

«Il n’y a pas de réponse simple» pour expliquer les phénomènes exceptionnels, parfois meurtriers, observés aussi bien en Europe qu’aux États-Unis, en Australie et en Amérique latine, note-t-il.

En Australie, les fortes chaleurs ont entraîné d’importants incendies de forêt. Et les températures devraient grimper à nouveau pour atteindre les 38 degrés Celsius dans le sud du pays.

En Europe, une nature déboussolée

En France, l’exceptionnelle douceur des températures déboussole la nature: on pourra y déguster des fraises périgourdines ou des asperges alsaciennes et les mimosas sont en fleurs sur la Côte d'Azur.

En Espagne, une chaleur plus élevée que la moyenne saisonnière et de faibles précipitations d’automne ont contribué au départ de nombreux feux de forêt.

Dans la péninsule italienne, plusieurs grandes villes ont dû limiter la circulation automobile pour lutter contre la pollution aux particules fines, favorisées par l’absence de pluie ou de vents depuis des semaines.

Publicité