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Face à la progression du virus Zika, l'inquiétude mondiale grandit 

Frappant l’Amérique latine, le virus Zika, soupçonné de provoquer des naissances de bébés microcéphales chez les femmes enceintes contaminées, est désormais présent dans six pays européens. Dont la Suisse

Mobilisation régionale en Amérique latine, premiers cas en Europe, appel à des actions urgentes du président américain Barack Obama: l’inquiétude grandissait mercredi face au virus Zika, bénin en apparence mais soupçonné de provoquer une grave malformation congénitale.

Au Brésil, trois mois après les premières alertes sanitaires, Dilma Rousseff a appelé l’ensemble de la région à adopter une stratégie commune pour combattre la maladie, annonçant un sommet des ministres de la Santé la semaine prochaine en Uruguay. La veille, la présidente brésilienne avait annoncé que son gouvernement intensifiait ses mesures contre la propagation de la maladie, en la combattant «maison par maison».

Le géant sud-américain, qui accueillera en août les Jeux olympiques à Rio, est le plus touché par cette épidémie, transmise par le moustique Aedes aegypti et le moustique tigre, qui peuvent aussi être porteurs de la dengue et du chikungunya. Le virus ne se transmet pas directement entre humains.

Ni vaccin ni traitement

Face à la maladie, il n’y a ni traitement préventif ni vaccin, mais elle ne provoque généralement que des symptômes grippaux bénins, voire passe inaperçue dans la majorité des cas. Elle est rarement mortelle. Le danger est pour les femmes enceintes: le virus peut être transmis au fœtus et est soupçonné d’entraîner des malformations congénitales graves, telles que la microcéphalie (taille réduite de la boîte crânienne, néfaste au développement intellectuel), voire la mort.

Le Brésil ne communique pas le nombre de patients atteints du virus Zika, mais seulement les cas suspects de microcéphalie: près de 4200 (dont 68 décès) depuis octobre 2015 et la poussée du virus, contre seulement 147 bébés touchés en 2014.

Lire aussi: L’épidémie de Zika relance le débat sur l’avortement au Brésil

La Colombie, deuxième pays le plus affecté avec plus de 13 800 cas de Zika confirmés, dont 890 femmes enceintes et une centaine de bébés avec microcéphalie, a décrété mardi le premier niveau d’alerte, verte, afin que les hôpitaux se préparent à répondre à une expansion de la maladie.

21 pays concernés, dont la Suisse

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le virus Zika, déjà présent dans 21 des 55 pays du continent américain, va continuer à s’étendre, «un sérieux sujet d’inquiétude» selon sa directrice générale Margaret Chan.

Face à cette menace, les Etats-Unis, tout proches, se mobilisent: le président Barack Obama a lancé mardi soir un appel à des actions urgentes. «Le président a souligné le besoin d’accélérer les efforts de recherche pour mettre au point de meilleurs diagnostics, des vaccins et des traitements et s’assurer que tous les Américains soient informés sur le virus Zika», a indiqué la Maison-Blanche dans un communiqué.

Les Instituts nationaux américains de la santé (NIH) indiquent sur leur site internet que le virus pourrait s’étendre aux Etats-Unis, dans des régions où vivent 60% de la population du pays, soit environ 200 millions de personnes. Selon une récente étude publiée dans la revue médicale britannique Lancet et citée par les NIH, ce virus pourrait se propager le long des côtes Est et Ouest des Etats-Unis pendant les mois chauds, voire atteindre le Midwest.

Cette recherche souligne que près de 23 millions d’Américains résident dans des zones humides et chaudes, comme la Floride et la Louisiane, où les moustiques vecteurs du virus Zika pourraient survivre toute l’année.

Deux cas en Suisse

La maladie a fait son apparition ces derniers jours en Europe, au moins six pays – Royaume-Uni, Italie, Pays-Bas, Portugal, Danemark. En Suisse, deux cas de virus Zika ont été détectés en Suisse chez des voyageurs de retour de pays tropicaux, selon l’Office fédéral de la santé publique (OFSP).

Le climat en Europe, actuellement en plein hiver, devrait toutefois empêcher tout moustique porteur de la maladie de survivre.

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