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Comment l'araignée mâle lutte contre le cannibalisme sexuel

Une araignée mâle attache les pattes de sa femelle avant l'accouplement. Il évite ainsi de se faire dévorer après l'acte

L’araignée mâle Pisaurina mira a trouvé une solution pour survivre au cannibalisme sexuel qui prévaut chez de nombreuses espèces d’araignées. Pour empêcher la femelle de le dévorer pendant ou après l’accouplement, le mâle lui attache les pattes. Avant de s’accoupler avec elle, il l’immobilise en utilisant de la soie, une substance que les araignées utilisent pour tisser leur toile. Le mâle peut alors s’accoupler et s’échapper en vie avant que la femelle ne puisse se libérer.

Pour un article du New York Times, la biologiste Alissa G. Anderson de l’Université de Nebraska-Lincoln explique les détails des expériences qu’elle a effectuées pour étudier ce comportement étrange. Une vidéo avec commentaires audio en anglais est disponible pour illustration.

Comme ils l’ont reporté dans la revue Biology Letters, Alissa G. Anderson et son équipe ont empêché certains mâles d’attacher leur partenaire, et ont laissé un deuxième groupe de mâle utiliser leur technique habituelle. En condition de laboratoire, ils ont utilisé du silicone (de couleur verte visible dans la vidéo) pour bloquer les appendices d’où sort la soie de ces araignées. Comme attendu, les mâles qui ne pouvaient pas produire de soie ont été dévorés beaucoup plus souvent que les autres.

Un cadeau intéressé

Le mâle Pisaurina mira a trouvé un moyen de se reproduire sans y laisser sa vie. Comme lui, d’autres espèces d’araignées ont développé des stratégies de survie pour le moins originales. Une tactique est d’attendre que la femelle soit occupée à se nourrir. Pendant que son attention est ailleurs, le mâle se dépêche de s’accoupler avec elle. Dans d’autres espèces, le mâle apporte directement un cadeau comestible à l’heureuse élue afin de détourner son attention.

Mais est-ce que la femelle tire un quelconque bénéfice de ce mode d’accouplement forcé? Les biologistes ont confirmé que les mâles en tiraient plus de succès dans la reproduction. En emballant les pattes de la femelle, les mâles comptabilisaient un plus grand nombre d’insertions de leur pédipalpe, qui délivre du sperme à la femelle. Alissa G. Anderson et son équipe veulent déterminer si le bénéfice est mutuel, au moins en termes d’évolution. L’étude est en cours.

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