ORIENTATION

Quand je serai grand, je serai…

Chirurgien, policier et vétérinaire sont les trois métiers les mieux classés auprès des jeunes de moins de 18 ans. La Cité des métiers à Genève tente d'intéresser ses visiteurs à des formations moins connues 

Un nouveau défi occupe les orientateurs professionnels d’aujourd’hui: former les jeunes à des métiers qui n’existent pas encore. Parce que la technologie avance vite, que nombre de problématiques écologiques n’ont toujours pas trouvé de solution, que la société de demain ne vivra plus comme à présent, les différentes formations se doivent d’offrir un socle de connaissances large qui permettra au jeune de se réorienter facilement.

«Nous sommes conscients qu’un métier représente aujourd’hui plus un chemin qu’une destination", expose Steeves Emmenegger, le commissaire de la Cité des métiers qui se tiendra à Palexpo du 3 au 8 novembre. «Notre système suisse est assez bien fichu pour qui veut changer de voie, quelle que soit sa porte d’entrée. Un jeune maçon avec une attestation fédérale en poche peut évoluer jusqu’à entrer à l’EPFL!"

Parmi les trois cents métiers présentés, certains plaisent plus que d’autres. Un concours a été lancé parmi les adolescents de 12 à 16 ans cette année. En tête sont ressorties la chirurgie, la médecine vétérinaire et la sécurité policière. Mais les organisateurs de l’événement sentent que la notoriété d’un métier ou sa médiatisation jouent un rôle dans le choix des jeunes. «Il est normal que les métiers les plus connus soient cités en premiers par les jeunes, «commente Nicolas Aune, président de l’Association Cité des Métiers et de la Formation. Selon lui, la formation d’employé de commerce est toujours autant plébiscitée, les métiers traditionnels comme informaticien et mécanicien ne perdent non plus pas la cote, et les professions des soins et de la santé communautaire font aussi un tabac. «Les jeunes remarquent que le domaine de la santé et du bien-être sont en pleine explosion et que cela génère des besoins. Ils n’y sont pas indifférents", note Nicolas Aune.

L’intérêt de l’adolescent pour un corps de métier peut également naître par le petit écran. Grey’s anatomy, Le Meilleur pâtissier ou Top chef aident à redorer l’image de l’infirmière et du cuisinier. Maître confiseur tant que maître d’apprentissage, Christian Boillat a vu arriver une nouvelle génération d’intéressés et les demandes d’apprentissage augmenter. «Ces émissions culinaires, même si elles faussent quelque peu la réalité du travail ont rendu notre formation un peu plus sexy. Elles ont redonné de la valeur à notre métier qui était souvent choisi comme troisième choix par les jeunes qui ne savaient pas quoi faire,"explique le chocolatier confiseur.

D’autres branches professionnelles ne décollent pas, malgrés les efforts investis par les professionnels présents au salon. Leur «facteur pénibilité «rebute les jeunes, selon Steeves Emmenegger. «C’est le cas des métiers du bâtiment qui proposent pourtant de nombreux débouchés. Ce sont des branches qui ont beaucoup évolué, sont devenues notamment plus technologiques. Mais la vision qu’en ont leurs parents et enseignants démotive les élèves. «Les métiers «que l’on fait par défaut", toujours d’après le commissaire de l’exposition, sont en train de se professionnaliser et s’appliquent à le faire savoir aux futurs possibles intéressés. C’est le cas des entreprises de nettoyage qui se montrent dynamiques dans les salons comme celui de Palexpo. Le domaine de l’agriculture regagne de l’intérêt. «La tendance écolo' actuelle amène les jeunes à envisager cette voie, qui est redevenue à la mode, «s’amuse Steeves Emmenegger.

Les HES, créées en 2003, sont particulièrement bien mises en valeur par la Cité des métiers. Une volonté des organisateurs qui souhaitent «redonner leur noblesse aux filières professionnelles". «Les patrons sont très friands de ce genre de formation qui développe le côté pragmatique de leurs étudiants, «analyse Nicolas Aune. Pour la cinquième édition de la manifestation qui a lieu tous les trois ans, 35 000 élèves sont attendus.

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