Digitale attitude

Un correcteur d’excuses pour GMail

Si les femmes s’excusent plus souvent que les hommes, c’est qu’elles sont plus sensibles qu’eux aux comportements qui peuvent offenser

«Pardon», «désolée», «toutes mes excuses»: les femmes ont tendance à s’excuser davantage que les hommes, c’est une réalité. Mais pas seulement. Les hommes britanniques et japonais s’excusent tout aussi facilement, c’est culturel.

Selon une étude publiée dans le journal Psychological Science en 2010, «si les femmes s’excusent aussi souvent, c’est qu’elles sont plus sensibles que les hommes aux comportements qui peuvent offenser et cherchent à ménager les sensibilités.» Elles ont donc tendance à adoucir leur discours, même lorsque la situation appelle à être directe et faire preuve de leadership, conditionnées par des notions de féminité et de politesse inculquées depuis l’enfance.

En 2014, dans une pub pour un shampoing, L’Oréal en a fait l’illustration en mettant en scène des femmes dans des situations de tous les jours. Au bureau: «Désolée, je peux vous poser une question stupide?»; «désolée de vous déranger, avez-vous une minute?» Bousculée dans la rue, encore «désolée». La vidéo reprend ensuite toutes les mêmes scènes sans les mots d’excuses, pour montrer comment elles paraissent plus fortes.

Une nouvelle extension pour GMail lancée en décembre dernier a pour objectif de les aider à s’affirmer, cette fois-ci dans la rédaction de leur courrier. Just Not Sorry, créé par le développeur de logiciels Cyrus Innovation dans le cadre de leur initiative Female Founders, met en évidence les mots qui affaiblissent un message, comme: «Je crois que…», «je ne suis pas experte, mais…». Ces mots sont soulignés en rouge. En passant dessus avec son curseur, un texte apparaît, expliquant pourquoi la terminologie est problématique.

Tami Reiss, PDG de Cyrus, explique avoir eu l’idée de développer Just Not Sorry en réalisant que beaucoup de femmes dévalorisent leurs messages. La plupart du temps, même lorsqu’elles sont sûres de leur fait, elles paraissent douter parce qu’elles adoptent un ton trop poli.

Dommage que la gentillesse et l’humilité soient toujours considérées comme des faiblesses. Je préfère de loin le petit piment rouge qui apparaissait dans l’ancienne messagerie Eudora, qui signalait les propos dans un mail qui pouvaient blesser le destinataire.

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