Digitale attitude

Facebook rend malheureux

Les enfants souffrent d’un manque d’estime de soi et de tristesse, selon une nouvelle étude de ChildLine, un service d’assistance par téléphone pour les jeunes Britanniques

En 1986, dans sa première année d’existence, 25% des appels lancés à ChildLine, un service d’assistance par téléphone pour les jeunes Britanniques, étaient liés à des cas d’abus sexuels, un problème sous-estimé à l’époque. Puis les cas de divorces, de grossesses, les troubles alimentaires et l’automutilation sont devenus les motifs les plus courants. Mais l’an passé, sur les plus de 287 000 appels reçus, près de 35 200 étaient liés à des sentiments de tristesse et un manque de confiance en soi, à savoir un appel sur huit.

Selon ChildLine, «les pressions liées à la vie moderne ont créé une génération d’enfants stressés et mal dans leur peau, essentiellement à cause des réseaux sociaux, source de comparaison, d’isolation et de cyberharcèlement.» Car sur Facebook et Instagram, ils partagent leur intimité dans une version idéalisée. Des mises en scène qui rendent malheureux ceux qui les consultent et dont les vies semblent bien moins attrayantes.

Ce n’est de loin pas la première étude qui affirme que se comparer à ses amis sur Facebook – adolescents ou adultes – rend malheureux. Une étude récente publiée dans le Journal of Social and Clinical Psychology va encore plus loin, en affirmant que «Facebook a des effets néfastes sur la santé mentale de ses utilisateurs, trop exposés au bonheur des autres».

Lire aussi: Facebook, cette fabrique de malades (14.04.2015)

Interrogée sur l’ampleur du phénomène dans notre pays ou même s’il existe, Mme Glatz, psychologue-psychothérapeute gérant aussi le numéro gratuit 147 de Pro Juventute – une ligne de soutien pour les jeunes en Suisse – a répondu que non: «Les réseaux sociaux sont très présents dans les problèmes évoqués par les jeunes, mais les situations spécifiques liées à ce média concernent essentiellement les cas de sexting (l’envoi par voie électronique de photos ou vidéos à caractère sexuel) et de cyberharcèlement.»

Les problèmes existentiels liés à l’adolescence sont sans aucun doute exacerbés par les réseaux sociaux et les écrans, omniprésents. Mais pour dédramatiser, ces propos de François Truffaut nous le rappellent avec bon sens: «L’adolescence ne laisse un bon souvenir qu’aux adultes ayant mauvaise mémoire.»

Publicité