Sport

L’élection de la FIFA aura-t-elle lieu?

Le successeur de Sepp Blatter devrait être désigné le 26 février. Sauf si…

Le feuilleton de l’année 2015 risque fort de nous occuper encore un peu en 2016. Officiellement, les choses sont limpides. L’élection du président de la FIFA aura lieu le 26 février lors d’un congrès extraordinaire organisé au Hallenstadion de Zurich. Les candidats à la succession de Sepp Blatter, qui a «remis son mandat à disposition» (il n’aime pas le terme de «démission») trois jours seulement après sa réélection le 29 mai 2015, ont jusqu’au 26 janvier pour voir leur candidature validée par la commission électorale de la FIFA. A ce jour, cinq candidats sont éligibles: le Sud-Africain Tokyo Sexwale, le Français Jérôme Champagne, le cheikh Salman ben Ibrahim al-Khalifa du Bahreïn, l’Italo-Suisse Gianni Infantino et le prince Ali Ben al-Hussein de Jordanie. Sepp Blatter ayant été suspendu pour huit ans fin décembre par la commission d’éthique de la FIFA, c’est le président ad interim, le Camerounais Issa Hayatou, qui dirigera le congrès. Sauf s’il est d’ici là rattrapé par la justice. Depuis le coup de filet de la police zurichoise le 27 mai à l’hôtel Baur au Lac, les membres du comité exécutif de la FIFA tombent les uns après les autres.

Le cas de Michel Platini pourrait venir compliquer l’affaire. Le président de l’UEFA, lui aussi frappé d’une interdiction de huit ans de toute activité liée au football, entend saisir toutes les voies de recours à sa disposition. Il ira donc devant la commission de recours de la FIFA début janvier, puis devant le Tribunal arbitral du sport (TAS), à Lausanne. Mais le temps presse et il est douteux que Platini puisse être, le cas échéant, rétabli dans ses droits à concourir avant le 26 janvier. Comme le Français promet parallèlement de saisir la justice civile et de réclamer des dommages et intérêts, des voix s’élèvent régulièrement pour reporter l’élection de quelques mois. La FIFA n’y tient pas et ne fait aucun effort pour accélérer ses procédures, mais le TAS, par la voix de son secrétaire général, Matthieu Reeb, expliquait au Temps début décembre qu’il fallait éviter que l’élection puisse être attaquée en justice: «Des procédures en cours au moment du vote exposeraient la FIFA à des demandes en annulation.» Affaire(s) à suivre, donc.

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