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La FIFA, un monde ni noir ni blanc

Eric Bernaudeau, journaliste à l’AFP, publie «Blatter, un monde à vendre». Une description précise de la FIFA, qui n’épargne et n’accable personne

A quinze jours de l'élection la plus importante de l'histoire mouvementée de la gouvernance du football, il n'est pas inutile de réviser sa FIFA. Le livre-enquête que publie Eric Bernaudeau aux éditions Jacques-Marie Laffont, «Blatter, un monde à vendre», se prête à merveille à l'exercice. L'ouvrage est à la fois clair et précis, court mais documenté, dense et lisible. Il a le mérite de ne pas tomber dans le piège du «tous pourris». Dans ce monde trouble de la FIFA, personne n'est complètement blanc ou noir. Michel Platini traînait déjà quelques casseroles avant ses ennuis récents, Domenico Scala se sent à l'étroit dans son rôle de président de la commission électorale, François Carrard se mord les doigts d'être venu au chevet de son ancien camarade Blatter de l'Uni de Lausanne.

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C'est donc une zone grise où les questions sont plus nombreuses que les réponses. Le journaliste français centre son attention sur Sepp Blatter, et notamment sur sa carrière avant la FIFA. «J'ai voulu donner un maximum d'éléments pour présenter un panorama de sa carrière.» Bernaudeau décrit un Blatter plein d'ambition, qui enjolive beaucoup son mérite propre dans le développement économique de la FIFA, mais aussi un homme pétri de foi chrétienne. «Il est bien sûr machiavélique, mais aussi parfois contradictoire, angélique, et peut se montrer étonnamment magnanime.»

En poste à Lausanne depuis novembre 2014, ce passionné de sport (il est le cousin du directeur sportif et ancien cycliste Jean-René Bernaudeau) a découvert une FIFA remplie de Suisses et de Valaisans. «C'est assez marquant, et cela peut se comprendre. Sepp Blatter a imaginé une FIFA à son service. Lorsqu'il est arrivé, il n'était que le douzième employé. Je pense qu'il a très vite perçu le potentiel de développement du football et de la FIFA et qu'il s'est attaché à s'entourer de gens qui, petit à petit, lui étaient tous redevables de quelque chose. Jamais je ne dirai qu'il a touché de l'argent, mais il est évident qu'il n'ignorait rien.» 

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