JOJ 2016

A Lillehammer, la Norvège renoue avec son rêve olympique

La seconde édition hivernale des Jeux olympiques de la jeunesse se tient en ce moment à Lillehammer, en Norvège. La prochaine, en 2020, se déroulera à Lausanne

«Takk for sist», dit-on en Norvège pour se saluer. Les Norvégiens se remercient ainsi de la dernière fois qu’ils se sont croisés. S’il l’avait su, c’est de cette manière que le Comité international olympique (CIO) aurait dû honorer la ville d’accueil des Jeux olympiques d’hiver de 1994, Lillehammer, qui reçoit actuellement la deuxième édition hivernale des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ).

Vingt-deux années ont passé mais c’est sous le même ciel bleu éclatant que les Norvégiens accueillent les 1100 athlètes de 15 à 18 ans, représentant 70 pays différents. Dans les montagnes à 180 km au nord d’Oslo, les jeunes sportifs se disputent les médailles de quinze disciplines olympiques durant une semaine.

Ravis de pouvoir renouer avec leur passé olympique, les supporters arborent fièrement leurs survêtements «Lillehammer 1994» dans les tribunes. Sur le parking, les voitures du comté d’Oslo sont nombreuses. Les JOJ ne tombant pas durant les vacances, les familles ont profité du week-end pour assister aux compétitions de ski. «Parce que ce sont des jeunes qui concourent, nos enfants sont plus intéressés qu’ils l’auraient été autrement», explique Ida, accompagnée de ses deux garçons. Parmi les tignasses blondes, beaucoup de jeunes, donc, mais incomparablement moins de public que lors des JO traditionnels. «Nous en avons entendu parler dans les journaux, mais la couverture médiatique des JOJ est plus faible que pour les paralympiques par exemple. La télévision nationale a retransmis la cérémonie d’ouverture et depuis, plus rien, pas même les résultats», commente la mère de famille.

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64 athlètes des premiers JOJ hivernaux à Innsbruck en Autriche ont participé aux Jeux de Sotchi en 2014. Les JOJ espèrent donc servir de tremplin pour les futurs champions olympiques, mais pas seulement. La différence majeure entre les Jeux de la Jeunesse et les Jeux traditionnels tient dans le programme éducatif et culturel qui accompagne les jeunes athlètes, tenus de rester sur le site tout au long de la semaine de compétition.

«Beaucoup de ces jeunes ne deviendront pas sportifs professionnels, mais si l’on peut leur inculquer des valeurs olympiques, tel que le respect mutuel ou l’intégrité, ils en bénéficieront toute la vie», explique Christelle Correira, cheffe de projet en éthique et conformité au CIO. C’est pourquoi, dans le hall «Learn and share», une quinzaine de stands offrent des activités éducatives, tel que l’atelier performance ou de prévention de blessures tenus par le centre sportif olympique d’Oslo, le stand Fair play du CIO ou l’atelier d’expression, qui permet aux jeunes de monter un petit film de leur semaine olympique.

Pour inciter les jeunes athlètes à participer aux activités, un système de récolte de points est mis en place, avec des cadeaux à la clé. Chaque athlète a sur lui un yogger (YOG est l’abréviation de young olympic games), une petite puce en plastique, comparable aux feux Tamagotchis. «Si je rencontre dix sportifs de pays différents et que nous connectons ensemble notre yogger, je reçois un bandeau olympique», explique Tobias, un jeune hockeyeur finlandais de 15 ans. «Si je participe à onze activités et rencontre un ancien champion olympique, je recevrais un selfie-stick». Mais, pour les jeunes athlètes qui rêvent d’or olympique, est-ce vraiment suffisant? «Je ne participe pas à ces activités culturelles et éducatives», confie la jeune skieuse suisse Mélanie Meillard, médaillée d’argent dimanche en descente combinée. «Je préfère m’entraîner et me concentrer sur mes compétitions». Si les JOJ misent tant sur ces formations parallèles, peut-être devraient-elles compter dans le classement final du jeune athlète.

Lillehammer a mis un point d’honneur à utiliser, sur la durée, ses infrastructures construites à l’occasion des derniers jeux et accueille par exemple chaque année la coupe du monde de patinage de vitesse. Le village olympique a été transformé en logements d’étudiants, qui, sont passés de 500 en 1994 à 4800 aujourd’hui. De quoi donner des bonnes idées à Lausanne!

À 17h, dimanche, le soleil se couche sur la petite ville de montagne et sur son lac gelé, laissant ainsi briller dans le soir la flamme olympique, enfin ravivée. Et une fois la pénombre installée, les trolls, sortis de leur forêt, peuvent à leur tour profiter du tremplin et des pistes damées.

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