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Les cinq questions sportives de la semaine

Spalletti a-t-il manqué de respect à Totti? En hockey, à qui profitera le sprint final? Le Grand globe tend-il toujours les bras à Lara Gut?


Spalletti a-t-il manqué de respect à Totti?

Tout a commencé avec l’interview d’un joueur de football, diffusée samedi par la RAI. «Je me sens footballeur et je veux jouer. Ma blessure est terminée, je vais bien et si je ne joue pas, c’est uniquement lié au choix de l’entraîneur.» Puis, plus loin: «Comment me gérer? Mieux que ça, ça serait bien pour tout le monde. Pour que je reçoive le respect normal compte tenu de ce que j’ai donné à ce club, à cette équipe.» L’affaire s’est embrasée le lendemain lorsque l’entraîneur mis en cause a renvoyé l’auteur de ces déclarations chez lui, à quelques heures d’un match de championnat.

Francesco Totti, 39 ans, se sent toujours footballeur. FILIPPO MONTEFORTE

C’est qu’il n’est pas question de n’importe quel joueur, mais de Francesco Totti. L’attaquant italien est une légende vivante de l’AS Rome, où il a commencé sa carrière à 16 ans, disputé 750 matches et inscrit 300 buts. Mais cette saison, l’emblématique capitaine a perdu son statut de titulaire et peine à l’accepter. Les supporters aussi, d’ailleurs: «On ne touche pas à Totti» ou «Je soutiens Totti» disaient des banderoles déployées dans le stade dimanche.

L’entraîneur Luciano Spalletti, forcément, a été hué. Mais tout au long du week-end, il a joué serré en défense, témoignant de son admiration pour Francesco Totti, mais aussi de la nécessité de mettre tous ses hommes sur un pied d’égalité. «Il peut demander plus de respect, mais ce respect, je le dois aux autres aussi, pas seulement à lui», a estimé Spalletti, qui traite Totti comme un footballeur à part entière (et qui peut à son tour s’asseoir sur le banc), plutôt que comme une légende à laquelle on ne peut pas toucher. N’est-ce pas justement ce que demande «il Capitano eterno»?


En hockey, à qui profitera le sprint final?

La saison régulière de hockey sur glace est une course de fond (cinquante matches entre septembre et fin février), mais pour cinq équipes, tout se jouera au sprint cette semaine. D’un côté, Zurich, Genève, Davos, Zoug, Lugano et Fribourg sont à l’abri. De l’autre, Bienne n’a plus rien à espérer. Entre deux, Lausanne (64 points), Kloten (63), Ambri (63), Berne (61) et Langnau (57) se disputeront les deux dernières places en play-off.

Le Lausanne HC et Ambri-Piotta, deux des équipes concernées par le sprint final pour participer aux playoffs. LAURENT GILLIERON

Bien malin qui peut dire comment se présentera le classement samedi en fin de soirée, tant chaque équipe a des arguments en sa faveur, et des épines dans le pied. Lausanne a une (très) courte avance, mais seulement deux matches pour la conserver, comme Ambri, qui ne jouera que des adversaires fixés sur leur sort (Lugano et Bienne).

Kloten et Langnau s’affrontent à deux reprises; à la fois un danger et une opportunité pour les deux rivaux. Berne, enfin, est l’équipe qui était le moins attendue dans la zone rouge en début de saison. Pour s’en sortir, les Ours devront afficher une belle maîtrise du suisse-romand: ils affrontent Genève mardi, Lausanne vendredi et Fribourg samedi.


Le Grand globe tend-il toujours les bras à Lara Gut?

Lara Gut, Lindsey Vonn, Lindsey Vonn, Lara Gut? Le duel au sommet de la Coupe du monde dames de ski alpin a vécu de nouveaux épisodes à suspense durant le week-end. Après les épreuves de La Thuile, dans le val d’Aoste, c’est l’Américaine qui pointe en tête du classement général, mais elle ne compte que 23 points d’avance sur la Suissesse. Pour l’anecdote, l’Allemande Viktoria Rebensburg complète le podium à 299 longueurs. C’est dire si les deux dominatrices sont proches l’une de l’autre, et loin devant les autres concurrentes.

Lara Gut peut toujours remporter son premier Grand globe de cristal. ANTONINO DI MARCO

Il reste un mois de compétition et onze épreuves à disputer, dont six en Suisse. La Tessinoise Lara Gut soulèvera-t-elle le Grand globe de cristal lors des finales de Saint-Moritz? Le programme lui semble en tout cas favorable: il reste quatre épreuves où elle part avec un avantage sur sa rivale (deux combinés, deux géants), tandis qu’il n’y en a plus que deux où Lindsey Vonn est a priori supérieure (un Super-G, une descente).


Eren Derdiyok peut-il (re) devenir le buteur de la Nati?

C’est l’une des questions les plus incertaines en vue de l’Euro: à quel attaquant de pointe le sélectionneur Vladimir Petkovic accordera-t-il sa confiance? Il y a les réguliers Josip Drmic et Haris Seferovic, la pépite Embolo bien sûr. Et puis Eren Derdiyok, celui qui semble le plus prolifique à l’heure actuelle. Il a inscrit son dixième but de la saison samedi, pour offrir la victoire à son équipe de Kasimpasa, en Turquie, face à Eskisehirspor. Il a marqué six fois lors des sept derniers matches.

Eren Derdiyok, un attaquant qui revient du passé pour incarner l'avenir de la Nati. JEAN-CHRISTOPHE BOTT

Il y a comme un vertige à se rappeler que le Bâlois n’a que 27 ans, alors qu’il était l’attaquant d’une autre époque de l’équipe de Suisse, quand elle participait à l’Euro 2008 et à la Coupe du monde 2010 avant de manquer l’Euro en Pologne et en Ukraine en 2012.

En 2014, il n’était pas du voyage en Allemagne, manquant de temps de jeu à Hoffenheim puis à Leverkusen, en Bundesliga, et sa carrière internationale semblait un peu derrière lui. Après deux ans d’absence, Vladimir Petkovic l’avait pourtant rappelé en octobre dernier et, s’il fallait arrêter une sélection aujourd’hui, Eren Derdiyok en ferait assurément partie.


Où s’arrêtera Belinda Bencic?

Bien sûr, elle aura de la peine à détrôner Martina Hingis – qui a été la plus jeune numéro 1 mondial de l’histoire à 16 ans et des poussières – dans les annales du tennis féminin suisse. Mais néanmoins, Belinda Bencic est en train d’amorcer une carrière fort prometteuse. Peu après avoir atteint le top 10 du classement WTA, là voilà qui pointe ce lundi au septième rang. Elle égale ainsi le meilleure classement de Patty Schnyder. Et elle n’a que 18 ans.

Belinda Bencic pointe au septième rang du classement WTA, à 18 ans seulement. Francois Nel

Paradoxalement, Belinda Bencic atteint le meilleur classement de sa jeune carrière alors qu’elle reste sur un résultat décevant, une élimination au premier tour du tournoi de Dubaï. Mais avant cela, début février, elle avait littéralement porté l’équipe de Suisse de Fed Cup en Allemagne, remportant ses trois matches, dont le double décisif avec une certaine Martina Hingis. A quel point peut-elle encore se rapprocher de son illustre aînée, avec qui elle partage déjà un avènement précoce, une coach (Mélanie Molitor) et une approche tactique comparable?

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