Suisse

Suspension des travaux du centre de stockage de déchets nucléaires du Bugey

Un requérant a obtenu gain de cause après une décision du tribunal administratif de Lyon. Soulagement chez les antinucléaires

EDF a annoncé vendredi l’arrêt des travaux de construction du site de stockage de déchets nucléaires à la centrale de Bugey, dans l’Ain, après une décision de justice annulant le permis de construire. L’information a été révélée par l’AFP. Le groupe avait entamé à l’été 2010 les travaux d’une installation temporaire sur le site du Bugey, appelée ICEDA (Installation de conditionnement et d’entreposage de déchets activés). Le vaste entrepôt (8000 m2) qui devait ouvrir en 2014 aurait dû accueillir, pendant 50 ans, 2000 tonnes de déchets radioactifs issus des neuf réacteurs nucléaires en cours de démantèlement en France.

Le permis de construire de l’ICEDA, attaqué par un horticulteur voisin, avait été accordé le 22 février 2010 par le préfet de l’Ain. Deux mois plus tard, le Premier ministre François Fillon avait signé le décret autorisant la création de cette installation. Le requérant, qui utilise l’eau tiède de la centrale pour tempérer ses serres, comme le font les agriculteurs voisins du complexe du Tricastin dans la Drôme, refusait cependant de vivre à côté d’un site de déchets nucléaires. A l’audience devant le tribunal administratif de Lyon, le 1er décembre, son avocat avait soutenu que le site du Bugey n’avait pas vocation à recevoir les déchets de déconstruction de neuf réacteurs, estimant qu’il s’agissait d’un changement total du projet.

Révélé par le Temps (édition du 27.05.2011), le projet de dépôt de déchets radioactifs du Bugey, à 70 kilomètres à vol d’oiseau de Genève, avait suscité une vive hostilité chez les antinucléaires suisses. Les opposants avaient interpellé le gouvernement « afi qu’il agisse conformément à l’article antinucléaire de la Constitution ». Isabel Rochat, la conseillère d’Etat responsable de l’environnement, avait indiqué à l’époque que le gouvernement genevois n’avait pas été consulté - ni même informé - par les autorités françaises de ce projet de décharge nucléaire. Elle avait parlé « de grave lacune au moment où l’on parle d’agglomération franco-valdo-genevoise et de relations transfrontalières toujours plus étroites ». Alain Cuny, de Sortir du nucléaire Bugey, s’est félicité d’une « très bonne nouvelle ». « On demandait la fermeture du Bugey, non seulement des réacteurs, mais aussi du site d’enfouissement en projet » a-t-il déclaré à l’AFP.

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