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La Suisse étonne la France en refusant plus de vacances

Les médias de l’Hexagone se sont passionnés pour la votation sur les six semaines de vacances, et les causes de son rejet

La Suisse a stupéfié à nouveau son voisin français dimanche, en refusant par 67% des voix, selon les premières estimations de la RTS, l’introduction de deux semaines de vacances supplémentaires pour tous les salariés du pays. Genève, a priori l’un des cantons les mieux disposés envers le texte, l’a ainsi rejeté par 53% des voix. Le Jura devrait être le seul canton à l’approuver.

Les jours précédant le vote, les médias français avaient abondamment couvert la votation, sur le mode «ils sont fous, ces Helvètes». «Aucun des candidats à l’élection présidentielle en France n’a proposé un référendum sur l’allongement de la durée des congés payés, notait le journal L’Alsace sur son site Internet. Mais on se doute du résultat: 90% des Français, au moins, diraient oui.»

France 2 a consacré un long reportage samedi soir au sujet, (qui commence à 23 minutes 54 secondes dans la vidéo) notant qu’en France, le résultat serait acquis d’avance, mais qu’en Suisse, pays identitairement «besogneux», les six semaines de vacances seraient largement refusées. Le reportage réalisé à Sion notait aussi qu’en Suisse, les travaux les plus pénibles (construction, restauration…) sont souvent effectués par des étrangers, plutôt favorables à des congés supplémentaires mais qui ne votent pas.

Les Français expliquent le vote pour eux surprenant des Suisses par une culture nationale tournée vers le travail: «Les Suisses aiment dire: nous sommes riches parce que nous travaillons, plus que dans d’autres pays», expliquait ainsi à l’AFP le politologue Gilbert Casasus, professeur à l’université de Fribourg.

A l’inverse, la France est apparue comme l’anti-modèle parfait durant la campagne, notait le Figaro en citant l’organisation patronale Economiesuisse: «Depuis la loi sur les 35 heures, [les Français] ont «nettement plus de temps libre que les Suisses et cela n’a pas apporté grand-chose. Le taux de chômage y est élevé, l’économie est affaiblie et les Français se font porter pâles deux fois plus souvent que les Suisses.»

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