Clause de sauvegarde

«Un signal», mais sans grand effet

Les partis de droite approuvent l’activation de la clause de sauvegarde, la gauche et les milieux économiques se montrent critiques

Les partis de droite, du PLR à l’UDC en passant par le PDC, soutiennent la décision prise par le Conseil fédéral, mais la gauche politique et syndicale la déplore et demande un renforcement des mesures d’accompagnement. Les milieux économiques la regrettent aussi, en soulignant qu’elle aura peu d’effets sur les flux migratoires.

«C’est une question de crédibilité, se félicite le président du PDC, Christophe Darbellay. On a fait une promesse au peuple, et on la tient.» La décision n’aura qu’un «effet modeste» sur le marché du travail, reconnaît-il, «mais c’est un signal» adressé à la population. Qui doit être suivi de la négociation, avec l’UE, d’une clause de sauvegarde cette fois permanente.

Si le PLR se réjouit que la discrimination entre les seuls huit Etats membres touchés jusqu’ici et les autres soit désormais abolie, l’UDC juge que l’activation de la clause de sauvegarde «allait de soi». Mais cette clause, limitée dans le temps, s’avérera rapidement insuffisante, et le parti ne voit de solution que dans son initiative populaire «contre l’immigration de masse».

«L’activation de la clause de sauvegarde ne résoudra rien», avertit au contraire le PS, qui réclame de nouvelles mesures d’accompagnement «efficaces et dont l’application soit dûment contrôlée». Le PS exige notamment l’introduction de salaires minimaux et un contrôle de l’évolution des loyers. Sur la même ligne, les Verts, qui jugent qu’il faut étendre les mesures d’accompagnement, réclament «une triple offensive au profit de la formation, des crèches et du droit du travail.

Regrets sans dramatisation

Les milieux économiques regrettent la décision du Conseil fédéral, en général sans dramatiser. Présidée par l’UDC fribourgeois Jean-François Rime, l’Union suisse des arts et métiers, traversée de courants contradictoires, doit confesser que les avis en son sein sont «partagés» sur cette question. L’organisation des petites et moyennes entreprises constate, cependant, que le Conseil fédéral a accordé davantage d’importance au «signal politique» qu’il donne qu’aux conséquences indésirables que sa décision va engendrer.

Directeur de l’Union patronale suisse, Thomas Daum dit «déplorer la décision, mais l’accepter», en soulignant qu’elle aura un «impact peu important sur l’immigration», mais des conséquences négatives sur le marché du travail. A propos de la clause de sauvegarde permanente proposée par le PDC, «c’est une fausse bonne idée, ce serait remettre en cause tout l’accord sur la libre circulation», commente le directeur d’economiesuisse, Pascal Gentinetta.

«Je ne vois pas à quel secteur économique l’activation de la clause de sauvegarde peut servir. C’est complètement démagogique», réagit, plus tranché, Blaise Matthey, directeur général de la Fédération des entreprises romandes Genève. Quant à tenter d’obtenir une clause pérenne, «ça veut dire renégocier toute la libre circulation», qui plus est «dans des conditions peu favorables».

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