Mort des abeilles

Le National valide le plan d’action pour les abeilles

Des mesures pour lutter contre la surmortalité des abeilles seront mises en œuvre d’ici à la fin 2015. La question des essais en plein champ reste ouverte

Etudier les causes de mortalité des abeilles de manière scientifique avant d’agir. C’est la voie choisie par le parlement pour lutter contre la disparition de nombreuses colonies ces dernières années. Le Conseil des Etats a accepté tacitement ce midi une motion de la Commission de l’environnement du National qui demande au Conseil fédéral de mettre en place un plan d’action national pour les abeilles.

Les causes de la surmortalité – 25% de perte durant l’hiver 2011 – devront être établies scientifiquement afin de pouvoir mettre en œuvre les mesures nécessaires à leur protection «d’ici à la fin de l’année 2015».

Du varroa aux produits phytosanitaires

Le plan d’action national devra prendre en compte «tous les aspects néfastes à la santé des abeilles», comme l’a rappelé le président de la Commission de l’environnement des Etats, Didier Berberat (PS/NE). Qu’il s’agisse du rôle du varroa, un acarien d’origine asiatique qui parasite les colonies, ou des produits phytosanitaires. «Leurs effets sublétaux devront être étudiés lors d’essais en plein champ, a souligné le sénateur neuchâtelois. On souhaite éviter les interdictions arbitraires.»

Le projet fait l’unanimité car il ne prévoit pas l’interdiction de nouveaux produits phytosanitaires – un thème sensible. La suspension de trois néonicotinoïdes pour deux ans dès le 1er décembre prochain, selon l’agenda de l’Union européenne, reste un cas isolé. Une motion demandant la suspension de quatre autres insecticides (le fipronil, le chlorpyriphos, la deltaméthrine et la cyperméthrine) a été refusée mi-juin par le Conseil national (LT du 19.06.2013).

«Lobby pharmaceutique»

Seul sénateur à s’exprimer lors du débat libre, l’indépendant Thomas Minder a vivement critiqué la décision du Conseil national. «Il est incompréhensible que cette motion ne soit pas arrivée jusqu’à notre conseil. Le lobby pharmaceutique est très fort au National.» Selon lui, le rôle des insecticides ne fait «aucun doute».

Le conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann a insisté sur «les nombreuses actions» déjà menées dans la recherche pour évaluer les causes de la mortalité des abeilles. Il a notamment évoqué la participation très active d’Agroscope au programme mondial de recherche Coloss. Il est resté prudent sur d’éventuels essais scientifiques en plein champ. «Le plan d’action devra déterminer si c’est nécessaire.»

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