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Les anti-minarets s’en prennent frontalement aux musulmans

Le comité d’Egerkingen entre dans la campagne sur l’initiative «Contre l’immigration de masse» en s’en prenant à «l’islamisation rampante» de la Suisse. Les ultra-conservateurs considèrent l’islam comme «un système politique avant tout». Le MCG s’associe...mais prend ses distances

Les anti-minarets s’en prennent à «l’islamisation rampante» dans le cadre de leur campagne en faveur de l’initiative de l’UDC en votation le 9 février. Le comité d’Egerkingen met en garde contre une «augmentation massive de la population musulmane» qui modifierait «l’essence de la Suisse».

Le comité, qui est à l’origine de l’initiative qui a conduit à l’interdiction des minarets en Suisse, n’y va pas par quatre chemins. Recyclant l’image d’une femme vêtue d’un voile intégral, il prédit un million de musulmans en Suisse en 2030.

Daniel Zingg, membre du parti ultra-conservateur protestant UDF, a accusé vendredi devant la presse l’islam de ne pas être en premier lieu une religion, mais «avant tout un système politique qui est en opposition avec notre régime juridique». Et d’avancer une théorie associant le nombre de musulmans à l’islamisation de la société.

Selon les propos de l’orateur, lorsque les musulmans représentent 2 à 3 % de la population, ils commencent à missionner. A partir de 4 à 5 %, ils commencent à exercer une «influence disproportionnée» en exigeant par exemple des aliments halal. Et lorsque la proportion devient importante, ils tentent d’obtenir le droit de se gouverner selon la charia, a poursuivi Daniel Zingg.

Et le MCG ?

Associé à la conférence de presse avec la léguiste tessinoise Roberta Pantani, le président du MCG Roger Golay s’est distancié de ce discours. Représentant du MCG au Conseil national, il dit avoir découvert avec une certaine «surprise» que le nom de son parti figurait sur l’affiche du Comité d’Egerkingen. Cela lui pose un problème évident, car le conseiller d’Etat Mauro Poggia, son prédécesseur au parlement fédéral, s’est converti à l’islam. «Quand j’ai reçu les documents, j’ai fart part de mon étonnement. Nous n’avons pas donné notre accord pour que le logo de notre parti figure sur cette affiche. Mais c’était trop tard», assure-t-il.

Or, il pouvait bien imaginer que le comité constitué autour d’Ulrich Schlüer, qui était à l’origine de l’initiative antimusulmans, allait mener une diatribe contre l’islam. Qu’est-il donc allé faire dans cette galère? «Nous avons accepté de nous associer à cette démarche afin de bénéficier d’une tribune nationale pour faire valoir nos arguments, comme la Lega dei Ticinesi. Mais je n’ai fait aucune allusion aux questions de religion», poursuit-il. Son intervention met en effet l’accent sur l’ «immigration incontrôlée» et la préférence nationale, mais ne fait aucune référence aux musulmans.

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