Sondage

Les Européens voudraient davantage freiner l’immigration que les Suisses

61,8% des Allemands, 69,7% des Français et 77,5% des Anglais voudraient limiter l’immigration, selon un sondageIsopublic/Gallup pour le Blick. Le New York Times espère que le coût à supporter par la Suisse «réveillera les autres Européens». The Economist prévient les Suisses

«Les Européens sont plus extrêmes que les Suisses». Tel est le titre du Blick dans son édition de samedi et de l’analyse de son rédacteur en chef, à la suite d’un sondage cherchant à savoir comment auraient voté les Allemands, Français et Anglais sur une limitation de l’immigration dans leur pays.

Les sondages sont à interpréter avec des pincettes, non seulement en raison des marges d’erreurs, mais aussi des situations complètement différentes entre les citoyens des pays interrogés et des conséquences des réponses pour eux et pour leur pays. En outre, un vote engage bien davantage le citoyen qu’une réponse à un sondage. Et les conséquences ne sont pas du tout les mêmes si l’on est dans l’UE ou non. L’exercice a pourtant été réalisé par Isopublic/Gallup pour le compte du quotidien de boulevard. Les 13 et 14 février, deux questions ont été posées à ce sujet à 1100 personnes de chacun des trois pays choisis: l’Allemagne, la France et l’Angleterre.

Il en ressort que 61,8% des Allemands, 69,7% des Français et 77,5% des Anglais voudraient limiter l’immigration. La question a été ainsi posée: Dimanche dernier, les Suisses ont voté et accepté un projet contre «l’immigration de masse». L’initiative veut limiter quantitativement l’immigration. Si votre pays devait voter le week-end prochain sur un tel projet, est-ce que vous l’accepteriez?

Les réponses indiquent que les femmes sont davantage restrictives à propos de l’immigration que les hommes, du moins en Allemagne et en Angleterre, Mais ce n’est pas le cas en France.

Le sondage a également demandé si les citoyens de ces pays aimeraient aussi que des votations populaires soient organisées dans l’UE. L’acceptation est massive. Le oui atteint 52% en Angleterre, 77% en France et 84,9% en Allemagne.

L’avertissement du New York Times

Le vote suisse conduit naturellement de faire des vagues au-delà de l’Europe. Dans un éditorial, le New York Times renvoie aux raisons mêmes de la création de l’Union européenne.

La droite européenne couple dans sa campagne anti-immigrés la peur de l’étranger «à la promesse d’ un retour nostalgique à une Europée idéalisée de nations homogènes purgées de ses étrangers». Cette «fausse nostalgie, qui a en partie conduit à la Deuxième Guerre, a été l’une des principales raisons de la création de l’UE, rappelle le quotidien. Et de conclure que l’on ne peut «qu’espérer que la réalité des coûts qu’aura à supporter la Suisse permettra de réveiller les autres Européens».

The Economist ironise sur «la difficulté de plaindre une Suisse opulente plus intéressée à attirer l’argent qui cherche à éviter l’impôt que les gens eux-mêmes». Pour l’hebdomadaire, les Suisses se pénalisent eux-mêmes, car leur économie est bien plus dépendante de l’UE que l’inverse. Mais si les eurosceptiques n’ont nulle raison de fêter, The Economist recommande à l’UE «de ne pas comprendre le vote suisse comme une trahison».

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