Les Forces aériennes suisses clouées au sol

Les Forces aériennes suisses clouées au sol

Aussi étonnant que cela puisse paraître, les Forces aériennes suisses n’ont pas pu décoller ce lundi matin pour escorter l’appareil détourné. Alors que deux avions de chasse ­italiens (Eurofighter) et deux Mirage 2000 français ont escorté le Boeing, l’aviation suisse, elle, est restée clouée au sol. «Nous n’avons pas la capacité d’intervenir 24 h/24, concède Laurent Savary. Soit par manque de moyens financiers, soit pour des questions de voisinage», explique le porte-parole des Forces aériennes suisses. Les bases aériennes helvétiques sont ouvertes de 8h à 12h, et de 13h30 à 17h, à l’exception du lundi soir, où les appareils helvétiques s’adonnent à des exercices de nuit.

Le 18 mai, la population est invitée à se prononcer sur l’acquisition de 22 avions Gripen pour un montant de 3,12 milliards de francs, y compris les instal­lations au sol et la formation des pilotes. Dans un communiqué datant du 11 février, le Département fédéral de la défense (DDPS) avait défendu cet achat, rappelant que la Suisse, d’ici à 2016, n’aurait «plus que 32 avions de combat». «La sécurité ne pourrait plus être suffisamment assurée dans des situations extraordinaires. Il ne serait plus non plus possible de garantir la surveillance de l’espace aérien 24 h/24 et 365 jours par an», avait menacé le DDPS.

Or, à en croire les «heures de ­bureau» auxquelles sont astreints les avions de chasses helvétiques, la surveillance de l’espace aérien n’est déjà pas assurée de façon permanente aujourd’hui.

Contacté, le DDPS fait savoir que des appareils suisses auraient pu décoller si les circonstances avaient été plus graves, mais dans un «délai plus long». «La Suisse a signé un ­accord avec la France justement pour répondre à ce cas de figure, annonce le département d’Ueli Maurer. Cet accord couvre la coopération en matière de sécurité aérienne contre toute menace aérienne de nature non militaire.»

Le projet «Ilana», actuellement en cours de développement, vise à «étendre, dans le futur [ 2020 ], la capacité de la Suisse à protéger son espace aérien en continu». Sans surprise, le DDPS indique que, couplé au projet «Ilana», l’achat de Gripen «permettra une surveillance aérienne efficace et continue».

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