énergie atomique

Démonter une centrale nucléaire, mode d’emploi

L’Inspection fédérale de la sécurité nucléaire indique la marche à suivre aux exploitants

La centrale nucléaire de Mühleberg fermera définitivement ses portes en 2019. Elle sera la première à être débranchée. Elle sera aussi la première à expérimenter les directives de l’Inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN) sur la mise hors service des centrales nucléaires, qui ont été publiées mardi sur le site Internet du surveillant.

Ces directives avaient été mises en consultation l’été dernier. Elles sont désormais définitives et servent de marche à suivre contraignante pour les exploitants des cinq sites de production d’énergie atomique suisse. Les Forces Motrices Bernoises (BKW), propriétaires de Mühleberg, essuieront les plâtres.

Ces directives expliquent de manière détaillée ce que les exploitants doivent faire dès le moment où la date de la fermeture d’un site aura été communiquée par écrit à l’IFSN. C’est le cas pour Mühleberg: l’annonce officielle de l’arrêt en 2019 a été faite à l’IFSN le 8 novembre 2013.

Un processus en plusieurs phases est prévu. Chacune devra être avalisée par l’IFSN. La période de post-exploitation, nommée phase 0, débutera dès l’arrêt de la centrale. Elle est désormais intégrée dans le régime d’autorisation d’exploitation. «Les activités entreprises durant cette phase ne devront en aucun cas compromettre ni compliquer la désaffectation», insiste David Suchet, porte-parole de l’IFSN. Au plus tard deux ans après l’arrêt de l’exploitation, les propriétaires devront présenter un projet de mise hors service détaillé. Si les circonstances l’exigent, l’IFSN pourra accorder un délai supplémentaire..

De l’intérieur vers l’extérieur

Les exploitants devront fournir des précisions sur la planification des travaux de déconstruction, l’entreposage temporaire et l’élimination des déchets, les mesures de sécurité, les mesures de protection pour le personnel employé à la désaffectation des sites, l’analyse radiologique, les coûts, le financement, les risques pour l’environnement.

Par rapport à l’avant-projet, les directives sont plus souples pour le stockage temporaire des assemblages combustibles une fois la centrale arrêtée. «Les travaux de désaffectation pourront débuter même si certains assemblages sont encore stockés sur le site», précise David Suchet. Ce n’était pas prévu au départ. Mais c’est aussi à mettre en lien avec la volonté de commencer la déconstruction par le traitement des gros composants radioactifs et finir par les enveloppes extérieures. A l’étranger, les travaux de démantèlement ont la plupart du temps été effectués dans l’autre sens, de l’extérieur vers l’intérieur, du moins contaminé vers le plus contaminé.

La planification devra être actualisée au moins tous les dix ans et soumise à l’approbation de l’IFSN. Pour chaque phase, les exploitants devront fournir de nombreuses informations sur l’état des lieux au début et à la fin de chaque étape, les travaux prévus, les moyens engagés (machines, personnel), etc. Au terme de l’opération, un rapport final devra être présenté à l’autorité de surveillance.

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