Aviation

La Suisse pourrait perdre son troisième aéroport

Paris et Berne ne sont pas parvenus à un accord sur l’aéroport de Bâle. La France veut imposer sa fiscalité. EasyJet, premier acteur, arrête ses projets

Les négociations sur le statut bilatéral de l’aéroport de Bâle ont échoué, a indiqué la Basler Zeitung dans son édition de mercredi. La France se bloque sur le principe de territorialité alors que la Suisse se réfère au contrat de 1949. En mars dernier, on espérait encore une solution dans les semaines suivantes, selon le quotidien. La France accuse la Suisse de lier la question fiscale à son financement de liaison ferroviaire avec la gare suisse à partir de 2020.

En clair, la France veut que la fiscalité française règne sur l’aéroport. Il en résulterait un choc sur les coûts des passagers et des entreprises. Il faudrait dorénavant ajouter la taxe de l’aviation civile et la taxe de solidarité, explique le journal. EasyJet, qui détient plus de 50% de parts de marché à Bâle, a déjà décidé de ne réaliser aucun investissement supplémentaire tant que l’affaire n’est pas réglée dans un sens favorable.

Interrogé par la Basler Zeitung, le gouvernement bâlois, par la voix de Christoph Brutschin, se dit «pessimiste» sur l’avenir des discussions. La Suisse risque de perdre un aéroport national. Or un accès à l’aéroport est crucial pour les entreprises environnantes. A Bâle, 80% du chiffre d’affaires et du bénéfice de l’EuroAirport viennent d’entreprises basées en Suisse. On y trouve Jet Aviation et Amac. Au total, 4500 emplois se situent sur la partie helvétique. Christoph Brutschin exprime ses craintes: «Je ne sais pas si des entreprises suisses seraient prêtes à louer des surfaces qui sont placées sous droit français.» Swissport, qui gère les transports des produits de Roche et Novartis, y est par exemple présent.

Tout n’est pas encore perdu, selon le Département suisse des affaires étrangères. Ce dernier va tenter de renouer le dialogue ces prochains jours. La Suisse, en vertu du contrat de 1949, pourrait faire appel à la Cour internationale de justice.

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