Zone industrielle

Un projet pharaonique est prévu sur le site d’Ilford

Marly Innovation Center prend forme aux portes de Fribourg. Evalué à 100 millions de francs, il comprendra de multiples activités productives et de service

Un projet évalué à 100 millions de francs va prendre ses quartiers sur le site d’Ilford, entreprise spécialisée dans les technologies de l’image mise en faillite en décembre 2013. Le plan d’aménagement de cette zone de 24 hectares a été présenté mercredi soir au législatif de la commune de Marly, dans l’agglomération fribourgeoise.

Le projet est pharaonique. Il comprendra des activités industrielles, de recherches et de services, un secteur pour les PME, un centre de santé, des laboratoires, des commerces. Le futur Marly Innovation Center (MIC) veut être ouvert au public et ses promoteurs envisagent de construire deux tours de la communication, un centre culturel, des infrastructures sportives, un auditorium, etc. Sans parler d’une zone résidentielle qui fait actuellement l’objet d’un concours d’architecture. A terme, le site pourrait abriter 2200 habitants et offrir 1860 emplois.

Ce n’est pas la place qui manque pour développer toutes ces activités. Les bâtiments existants occupent déjà une surface de 60’000 mètres carrés. Ils abritent pour l’heure 55 entreprises locataires. De nouvelles constructions permettront de doubler cette superficie. Le site étant déjà classé en zone industrielle, le développement du projet se fera au gré des arrivées. Tandis que les infrastructures publiques seront financées au fur et à mesure de l’avancée du quartier résidentiel.

Les anciens propriétaires d’Ilford, Jean-Marc Métrailler et Paul Willems, qui ont tenté l’an dernier de sauver l’entreprise avant de s’avouer vaincus, seront chargés de mener ce projet. Mais ils ne disposent que de 20% du capital-actions de MIC. Le grand maître d’œuvre sera Damien Piller, promoteur immobilier fribourgeois, avocat et actuel président du conseil d’administration de La Télé et de Radio Fribourg. Sa société, Anura, détient 80% du capital-actions.

«Conçu par Bernard Vichet, ce Master plan est une bonne base pour vendre le site à des entreprises intéressées, explique Damien Piller. Et il n’est pas question de faire revivre un Ilford bis qui était une véritable forteresse de plaine. Nous voulons décloisonner ce site». Bernard Vichet propose ainsi un «lifestyle project», un centre de vie.

Mais le MIC est surtout un défi pour la commune de Marly. Pour son syndic, Jean-Pierre Helbling, laisser cette zone tomber en friche «est le pire qui puisse arriver». Il n’en demeure pas moins que la question de la mobilité reste à régler. Actuellement, le réseau routier est déjà saturé. Une ligne de bus traverse la bourgade à une cadence d’environ 7 minutes aux heures de pointe. Problème, il y a un kilomètre à parcourir à pied entre la halte la plus proche et le site. Marly compte dans l’immédiat obtenir la prolongation de la ligne de 600 mètres et aménager une passerelle qui traverserait la rivière pour déboucher directement dans la zone. Une mesure transitoire. La suite? «Aucun obstacle n’est infranchissable si on travaille ensemble à la recherche d’une solution», estime Damien Piller, qui rappelle qu’il s’agit de «la création d’emplois».

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