Justice

Perquisition à Genève sur la piste d’un éventuel financement libyen de Sarkozy

Alexandre Djouhri, un intermédiaire français, spécialiste des contrats moyen-orientaux, a fait l’objet d’une visite approfondie de la justice à son domicile. Un banquier du Crédit Agricole est aussi visé

Financements de Sarkozy: une piste genevoise

Justice Perquisition chez un intermédiaire

L’enquête sur d’éventuels financements libyens de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007 s’étend en Suisse. Le domicile genevois de l’homme d’affaires Alexandre Djouhri a été perquisi­tionné la semaine dernière, sur demande et en présence des enquêteurs français chargés de l’affaire. Cette information à paraître mercredi dans Charlie Hebdo a été confirmée au Temps par le procureur genevois Jean-Bernard Schmid.

Quoique fort discret, ne parlant jamais aux médias, Alexandre Djouhri est presque une légende dans les milieux s’intéressant aux gros contrats conclus à l’exportation par des entreprises françaises. Réputé très proche du pouvoir politique, de Balladur à Sarkozy, son nom apparaît en marge de plusieurs affaires de ventes d’armes, en qualité d’intermédiaire ou, comme il le formule lui-même, de «facilitateur».

C’est bien dans le cadre d’une «problématique de versement de commissions» que son domicile genevois a été perquisitionné, indique le procureur Jean-Bernard Schmid. Une abondante documentation sur papier et supports électroniques a été saisie, des personnes ont été entendues. La perquisition surprend par son ampleur: elle a duré «plusieurs jours», selon le magistrat. Mais pour l’instant, la justice suisse n’a rien à reprocher à Alexandre Djouhri. Aucune procédure nationale n’a été ouverte à son encontre.

La perquisition suit de peu la mise en examen, début mars, de l’ancien ministre de l’Intérieur français Claude Guéant. Ce fidèle de Nicolas Sarkozy avait une relation étroite avec Alexandre Djouhri, qu’il avait décrit comme «utile à la France» par son activité d’intermédiaire. Les enquêteurs s’intéressent à 500 000 euros que Claude Guéant aurait reçus de l’étranger dans le ­cadre de la vente d’un tableau. Les fonds proviendraient d’un homme d’affaires saoudien, Khaled Busghan, lui aussi mis en examen dans l’affaire des tableaux et très introduit dans les contrats de ventes d’armes franco-saoudiennes.

Autre personnage impliqué dans cette enquête: le banquier franco-yéménite N. , résident à Genève où il travaille au Crédit Agricole. Son domicile genevois vient aussi d’être perquisitionné. Reste à établir un lien entre cette double action judiciaire et la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007. L’ancien président, aujourd’hui dirigeant de l’UMP, a toujours contesté avoir reçu le moindre euro de Libye.

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