Médias

Les jeunes préfèrent s'informer via Facebook et Twitter

Les 16 à 29 ans utilisent de moins en moins les médias classiques pour s'informer. Aux médias traditionnels en ligne, ceux-ci préfèrent désormais les réseaux sociaux 

Moins de recettes publicitaires, moins de qualité et moins de jeunes lecteurs. Ces derniers préfèrent s’informer via Facebook ou Twitter. Ainsi pourrait-on résumer les conclusions de la dernière étude «Qualité des médias» réalisée par le Forschungsinstitut Öffentlichkeit und Gesellschaft (fög) de l’Université de Zurich.

Le développement des informations en ligne et les sites de journaux en ligne devaient être la solution à tous les problèmes des éditeurs pour relancer les abonnements, diminuer les coûts et attirer un lectorat plus jeune. Or rien de cela ne semble se concrétiser.

Les réseaux sociaux pour s’informer

Pour les professionnels des médias, le constat est plutôt décevant. Selon l’étude de l’Université de Zurich, la part des jeunes adultes de 16 à 29 ans qui s’informent régulièrement via les médias traditionnels est passée entre 2009 et 2015, de 44% à 26 pour les journaux imprimés, de 65% à 39% pour la télévision et de 66% à 53% pour la radio.

Même la consommation en ligne des médias, avec la visite de sites consacrés à l’information, n’augmente plus. En lieu et place, notent les chercheurs du fög, les jeunes ne s’informent plus que par les médias sociaux. Et une partie de plus en plus large délaisse l’information pour les sites de divertissement.

Recul de la qualité

Contrairement aux espérances des éditeurs, la numérisation n’a pas provoqué de recettes supplémentaires. Malgré la migration vers internet, les recettes tirées du marché publicitaire en ligne (105 millions de francs) ne représentaient en 2014 qu’un dixième à peine du chiffre d’affaires publicitaire de la presse écrite (1042 millions). En fait, seuls les journaux gratuits ont augmenté leur part du marché publicitaire, qui passe de 4% en 2001 à 31% en 2014, alors les journaux par abonnement ont vu la leur passer de 67 à 46%. En fait, les médias sont victimes de la concurrence féroce que leur livrent les géants technologiques comme Google ou Facebook qui, selon une étude du Pew Research Center sur le marché américain, raflent 61% des recettes publicitaires en ligne.

La faiblesse structurelle des médias, en particulier la diminution des effectifs des rédactions, contribue à un recul de la qualité des médias. Le travail de mise en perspective est affecté par le manque de ressources, le manque de temps et de personnel à disposition. La tendance des journaux gratuits ou en ligne à privilégier les nouvelles de divertissement est suivie désormais par la presse par abonnement. Pour 7 types de médias sur les 11 examinés, la qualité globale de la première page et les accroches se sont détériorées depuis 2009. Toutefois, un pur média en ligne, le site alémanique Watson.ch atteint un score proche des médias en ligne par abonnement.

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