Médias

La RTS fâche en supprimant ses émissions religieuses

La SSR a confirmé ses coupes de 40 millions de francs au total. Dans le lot, les programmes religieux radio et TV de Suisse romande passeront à la trappe

Dans le contexte actuel, la décision a de quoi provoquer quelques interrogations, et remous. Après l’annonce de mesures d’économies à la SSR, la direction de la RTS a informé mardi ses collaborateurs de la mise en œuvre de ces coupes. Elles vont notamment toucher les émissions religieuses.

Motivées par une décision du Tribunal fédéral sur la TVA et la redevance, ainsi qu’une baisse des recettes publicitaires, les réductions doivent atteindre 40 millions de francs dans l’ensemble de la SSR. Soit la suppression de 250 postes. Mardi, la SSR a indiqué qu’il y aura bien des licenciements, en plus de non-reconductions de poste et de retraites anticipées. Le Syndicat suisse des médias a dit sa «déception», affirmant qu’il a proposé jusqu’à 400 options alternatives pour éviter les dégâts dans l’emploi.

Émissions pour enfants, fiction produite et religions

Selon une communication interne citée par l’ATS, la RTS veut couper au total 11,4 millions entre 2016 et 2018, dont 6,9 millions dans les programmes, sur un budget de 393 millions. Début octobre, lorsque la SSR a rendu public son objectif, le directeur de la RTS Gilles Marchand a laissé entendre que la fiction produite et les émissions pour enfants seraient concernées; c’est bien le cas. Des projets de séries sont gelés et les programmes pour juniors feront partie des réductions. De même que les magazines religieux. Ceux-ci sont élaborés par une structure ad hoc, RTSreligion, qui compte 12 postes équivalents temps. Elle est cofinancée par les Églises catholique et protestante.

Outre les cultes, les messes et un billet quotidien, elle propose les émissions Faut pas croire, en TV, ainsi que Hautes fréquences (tous les dimanches, La Première) et À vue d’esprit (quotidienne, sur Espace 2). Ces trois programmes ne seront pas reconduits au terme d’une convention, entre la RTS et les Églises, qui échoit en 2016.

RTSreligion «décapitée»

Les Églises et leurs branches médias fustigent une «décapitation» de RTSreligion, critiquant une coupe «disproportionnée»; grâce à leur soutien, les programmes religieux sont moins coûteux pour la RTS. Du côté protestant, Michel Kocher, de Médias-Pro, «déplore» cette décision. «Nous sommes prêts à nous montrer solidaires des mesures d’économies, mais là, c’est excessif.» Son homologue catholique Bernard Litzler s’interroge: «Voyez l’importance que prennent les questions religieuses. À plus forte raison alors que le débat politique sur le service public va reprendre au niveau politique. Le besoin pour ce type d’émissions reviendra…»

Gilles Marchand: des coupes «difficiles»

Gilles Marchand assure que ces réductions sont «difficiles». «Nous faisons face à une diminution importante et rapide de nos ressources. Nous devons donc procéder à de nombreuses coupes dans différents domaines. Les émissions religieuses en font partie, mais elles ne sont pas isolées.»

Il relève que «les productions dédiées et exclusives» telles que celles des religions «rencontrent un public aussi assez exclusif». Et il promet que ces thèmes demeureront «présents dans nos programmes». Il reste à rassurer les fidèles à l’heure des chocs de religions. L’équipe de RTSreligion sort bientôt un coffret consacré à l’histoire des liens entre Orient et Occident.

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