Justice

Marc Bonnant se retire provisoirement de l'affaire Warluzel

L'avocat annonce qu'il quitte la défense pour un temps seulement. Deux associés de l'étude, impliqués dans la remise du pistolet à l'hôtel, doivent être entendus par le procureur

La défense de Dominique Warluzel, toujours en détention pour avoir tiré en présence d'une aide-soignante, se complique. «Je me retire provisoirement de ce dossier», indique Me Marc Bonnant au Temps. Le procureur, qui a soulevé la question du conflit d'intérêts, doit entendre prochainement deux associés de l'étude, dont l'un a fait apporter l'arme à l'hôtel La Réserve. «Il me semble compliqué et inadéquat d'assister à ces auditions tout en étant l'avocat de la défense et l'associé des témoins», précise Me Bonnant.

Le 2 janvier dernier, Dominique Warluzel a tiré un coup de feu dans la suite médicalisée qu'il occupe à l'année. Prévenu de tentative de meurtre par dol éventuel et de mise en danger de la vie d'autrui, le célèbre avocat, très diminué par une attaque cérébrale, conteste avoir visé l'aide-soignante avec laquelle il venait de se disputer pour une question d'argent. Celle-ci n'a pas été blessée et la balle s'est logée dans un cadre de porte.

Arme sortie du coffre

Durant l'enquête, la question de la présence de l'arme s'est posée. Il est apparu que Dominique Warluzel, désormais établi aux Bahamas, avait gardé un coffre à l'étude Bonnant, Warluzel et Associés (où il n'est plus associé mais conseil), dans lequel il entreposait notamment plusieurs armes et des montres. Lors de son dernier séjour, il a réussi à convaincre un associé de lui faire amener le pistolet malgré des tendances suicidaires souvent exprimées. «Il a juré qu'il avait pris contact avec Exit et qu'il ne comptait pas s'en servir pour mettre fin à ses jours», explique Me Bonnant tout en précisant n'avoir pas été au courant lui-même de cette opération.

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Les deux associés impliqués dans ce volet de l'arme, Mes Nicholas Antenen et Olivier Péclard, seront entendus par le procureur Walther Cimino. En attendant ces audiences et afin de couper court à tout soupçon de conflit d'intérêts, Me Bonnant estime devoir quitter son mandat de défenseur. Aurait-il simplement pu s'abstenir d'y assister? «Je trouve que cela manque de netteté», explique-t-il. Dominique Warluzel, qui doit déjà se passer des services de Me Antenen (qui devient témoin), pourra compter sur la présence de Me Pascal Maurer à ses côtés.

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