Politique énergétique

Un rapport démontre les faiblesses de la centrale de Beznau

Les antinucléaires continuent de réclamer un délai pour l’exploitation des vieux réacteurs

Faut-il imposer une durée d’exploitation maximale aux anciennes centrales nucléaires? La Commission de l’énergie du Conseil national rouvre ce dossier lundi. En décembre 2014, le plénum du National avait décidé de fixer un délai maximal de 60 ans aux vieux réacteurs de Beznau I et II, en service depuis 1969 et 1971. Selon ce scénario, l’exploitant devrait présenter un concept d’exploitation à long terme dans lequel il apporterait la preuve que le réacteur garantit les exigences de sécurité.

Or, en septembre 2015, le Conseil des Etats a rejeté ce scénario. Entre-temps, Beznau I a été mis à l’arrêt après la découverte d’anomalies et aucune date n’a encore été fixée pour son redémarrage. Le groupe Axpo parle de «fin juillet 2016 au plus tôt». Après différents contrôles, Beznau II a pu reprendre du service le 23 décembre.

Usure et vieillissement

Or, les partisans de l’abandon du nucléaire demandent que le premier réacteur de la centrale argovienne ne soit jamais remis en service et que le site soit fermé le plus tôt possible. Les membres de la Commission du Conseil national vont trouver lundi sur leur pupitre un rapport que la Fondation suisse de l’énergie a commandé à l’agence Wise-Paris, proche du mouvement antinucléaire, et dont Le Temps a pris connaissance.

Le directeur de Wise-Paris, Yves Marignac, s’est penché sur le vieillissement de l’installation argovienne. Il relève qu’une centrale comme Beznau avait été conçue pour une durée de vie de 40 ans et que «la sécurité des réacteurs vieillissants» se dégrade sous l’effet de plusieurs facteurs largement sous-estimés.

Il évoque la «fatigue cumulée des composants non remplaçables tels que la cuve ou l’enceinte de confinement», «l’usure des câbles, tuyaux et supports», des éléments en théorie remplaçables mais impossibles à remplacer en totalité. Il met l’accent sur l’affaiblissement des marges qui permettent de maintenir le niveau de sécurité lors de rééquipements. La Fondation suisse de l’énergie espère que ce document convaincra la commission de maintenir sa position initiale, qui fixe un délai maximal d’exploitation.

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