Revue de presse

Censuré sur Facebook, l’humoriste romand Thomas Wiesel y revient en triomphe

Dans une vidéo postée sur YouTube, Thomas Wiesel casse du sucre sur l’initiative UDC de mise en œuvre. Se fait censurer par Facebook. Explose les compteurs sur Twitter. Revient sur Facebook et dans tous les journaux

Ce dimanche, la société civile, comme on a coutume de dire, est soudain sortie en masse du bois pour appeler les citoyens suisses à un sursaut. Dans l’affaire de l’initiative dite de mise en œuvre du renvoi des criminels étrangers. 200 personnalités dénoncent l’initiative, la qualifiant, entre autres, de barbare.

Une personne qui n’a pas attendu le message de dimanche pour dire tout le mal qu’il pensait de cette initiative, c’est le jeune humoriste romand Thomas Wiesel: et comme nous l’ont appris dans l’ordre son compte Twitter, la RTS, 24 heures puis 20 minutes, il l’a payé au prix fort: suspension d’une journée de sa page Facebook.

Mais reprenons avec Philippe Maspoli, de 24 heures: «La satire, les réseaux sociaux et la politique ne font pas toujours bon ménage. La mésaventure vécue par l’humoriste et comédien lausannois Thomas Wiesel, 26 ans, l’illustre. Il avait publié sur Facebook une vidéo où on le voit, au micro de la radio One FM, se moquer du tous-ménages romand distribué par l’UDC au sujet du renvoi des criminels étrangers avant le scrutin fédéral du 28 février. Samedi soir, le comédien tweete: «Après cette vidéo, je suis suspendu de Facebook. A part si être mal rasé et mal réveillé, c’est illégal, je ne pige pas.»

On notera au passage l’exquise complémentarité des réseaux sociaux, à l’heure où tout le monde roule à la fois au volant de Facebook, Twitter, Instagram, Tumblr ou encore LinkedIn: il suffit qu’il vous arrive noise sur l’un d’eux et hop on dénonce sur le suivant. Ce qu’a parfaitement compris Thomas Wiesel, 26 ans, qui est tombé dedans quand il était petit:

Immédiatement la malheureuse vidéo postée sur Facebook et censurée temporairement par le réseau, sans doute – mais comment en être sûr – sur dénonciation d’usagers pour raison de contenu inadéquat, fait le tour de Twitter, amplifiant à chaque retweet sa portée. De Pierre-Yves Revaz à Gabriel de Weck, de Lyonel Kaufmann à Mlle Funambuline, de Gérard Falcioni à Ariane Beldi – tous et toutes Twittos actifs de l’écosystème suisse romand, sans oublier les robots comme Polittweets, toutes et tous relaient en boucle la mésaventure de l’humoriste et sa vidéo.

En en disséquant même, comme Magali Philip, les paradoxes systémiques: interdit de page Facebook, Thomas Wiesel, qui a posté sa vidéo sur YouTube, voit cette même vidéo être postée à qui mieux mieux sur… Facebook!

Allez comprendre la folle logique des «gatekeepers», des surveillants dudit réseau!

Depuis, nous a appris 20 minutes, Facebook s’est excusé auprès de Thomas Wiesel et a rétabli sa page: «J’ai disparu de Facebook momentanément suite à des clics mesquins de personnes mal intentionnées à qui ma dernière vidéo ou ma gueule en général n’a pas plu», a posté Thomas Wiesel à son retour sur Facebook, dimanche matin. Dans son message d’excuses adressé à l’humoriste, le réseau social n’évoque pas de signalement massif de sa vidéo, mais parle «d’une erreur d’un membre de l’équipe».

Depuis aussi, sa vidéo n’a jamais autant circulé, doublant au passage son nombre de partages. Ce qui fait dire à cette fine observatrice des réseaux sociaux en Suisse romande, MC Casal, sur Twitter, «Bel exemple d’effet Streisand»:

Texte

On rappellera au passage que l’effet Streisand, comme nous le rappelle Wikipédia, «est un phénomène médiatique au cours duquel la volonté d’empêcher la divulgation d’informations que l’on aimerait garder cachées – qu’il s’agisse de simples rumeurs ou des faits véridiques – déclenche le résultat inverse».

Bref, dans le champ de mines que va être, ces prochaines semaines, le débat sur l’initiative de mise en œuvre du renvoi des criminels étrangers, on aura assisté là, selon toute probabilité, à un magnifiqueauto-goal de celles et ceux qui auraient voulu faire taire Thomas Wiesel.

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